L’autre passion de Caterina Murino

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Rencontrer Caterina Murino, c’est donner corps à une projection fantasmatique à plusieurs dimensions : la sublime James Bond Girl de Casino Royal, l’irrésistible appât qui tourne la tête de Christian Clavier dans l’Enquête Corse, l’éblouissante égérie de Chaumet, l’héritière cinématographique d’une lignée de beautées méditerranéennes torrides, bref, un fantasme vivant.

J’ai croisé la route de Caterina plusieurs fois. Evidemment, moi je m’en souviens, c’est le propre des relations unilatérale avec une personne connue. Elle fait partie de mon imaginaire depuis longtemps, et moi je fais partie de cette nébuleuse d’inconnus qui constituent son fan club !

JBG

Tout a commencé en 2006, je venais de monter ma marque de bijoux, et Caroline, alors RP chez De Beers m’avait invitée à la grande soirée organisée par le joaillier en partenariat avec l’ONG AMREF Flying Doctors.

Caterina faisait partie de la team des jolies actrices françaises sélectionnées par De Beers, chacune avait dessiné un bijou en diamants destiné à être vendu chez Christies, les bénéfices revenaient à L’AMREF pour financer leurs missions pour la santé des femmes et enfants en Afrique. Caterina avait dessiné son premier collier en diamants, une merveille vendue une fortune chez Christies, elle s’est engagée dans la foulée à l’AMREF pour laquelle elle s’investit depuis avec constance, et moi je me suis dit que cette fille était canon et généreuse.

La deuxième fois devait être deux ans après, j’étais dans ma boutique de bijoux rue Charlot, Caterina a poussé la porte, et m’a demandé avec son adorable accent italien si mes bijoux étaient en or. J’ai répondu « non en vermeil ». Elle a rigolé, a dit comme une excuse « Dommage je n’aime que l’or ! » et elle est partie, laissant derrière elle un sillage de fraîcheur et de glamour. Je me suis dit une deuxième fois que cette fille était canon, et que, décidément elle aimait les bijoux.

La troisième fois c’était cet été, chez un écrivain à succès qui écrit des livres terrifiants et qui en même temps est le plus adorable des amis, et le plus grand admirateur des femmes. Caterina tchatchait avec tout le monde, éblouissante dans une robe ultra sexy, aussi à l’aise avec l’éditeur du grand écrivain qu’avec le petit dernier de la maison qui détruit tout sur son passage. Je me suis dit une troisième fois que cette fille était canon, et qu’en plus, elle était cool.

A ce stade de rapprochement, j’ai osé demander à la rencontrer, parce qu’elle est obviously une fille à bijoux, qu’elle les aime et les adore, qu’elle a été l’égérie de plusieurs grandes marques de la place Vendôme, dont Chaumet et Mauboussin, bref, je ne pouvais pas passer à coté de l’occasion de l’interviewer dans Les Précieuses.

Chaumet

Je la contacte et là bingo !! Elle m’apprend qu’elle lance sa propre ligne de bijoux, une collection qui s’inscrit dans la tradition de son Ile natale, la Sardaigne.

« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez vous » Merci Paul Eluard, c’est ce qu’on appelle une synchronicité parfaite !!

Dès notre première discussion au téléphone, je ressens chez Caterina un enthousiasme communicatif quand elle parle de ses bijoux. C’est son truc à elle, sa création, le fruit d’idées et d’envies qui se sont construites dans sa tête depuis plusieurs années, son histoire à elle, bref, un peu son bébé.

Elle m’invite tout naturellement à venir chez elle, à Montmartre, pour me montrer les collections, elle me remercie 1000 fois pour l‘attention que je lui porte, le rendez-vous est pris mi-décembre ; je raccroche, abasourdie par sa simplicité !

La star des tapis rouges à la notoriété internationale est comme une enfant devant sa première création. Ce n’est pas un gadget de star qui a délégué une opération promotionnelle à des pros, elle s’est vraiment investie, j’ai hâte de voir !

Je vous passe les détails de mon anxiété pathétique qui précède mes rencontres avec une personne que j’admire. Comment je m’habille ? Pas trop casual ? Pas trop habillée ? Comment je me coiffe (blonde ou blonde) ? Gloss rose ou corail ? Sac noir ou bleu marine ? Des heures de tergiversations sur des options qui sont des synonymes, un rendez-vous pris au dernier moment avec Sophie, ma coiffeuse que j’aime, qui me fait un truc froissé en se fichant de moi, et au final, une tenue un peu guindée qui ne me ressemble pas tout à fait.

Ce 14 décembre, je suis en retard comme d’hab, dans ma confusion je suis descendue à Abbesses au lieu de Lamarck Caulaincourt, et je monte 4 à 4 les escaliers de Montmartre pour retrouver Sarah, ma fidèle photographe, en bas de chez Caterina. J’arrive essoufflée et transpirante, état tout à fait adapté pour rencontrer une James Bond Girl, mais j’ai rattrapé mon retard, tout va bien.

Quand Caterina nous ouvre la porte, je me rends compte que j’ai tout faux.

Pas un brin de maquillage, jeans et boots, juste une tunique en velours noir qui rehausse son teint parfait, Caterina est juste étourdissante de naturel, stunning (!!) comme disent les ricains . Je me sens comme une bourgeoise endimanchée avec mon petit chemisier imprimé et ma couche de gloss cache misère…

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Caterina nous installe dans son living room , c’est zen et super clair, quelques objets rapportés de ses voyages, des livres, un vélo, une affiche du tournage du James Bond, une grande pièce entièrement ouverte sur un jardin un peu sauvage, sorte de campagne à Paris.

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Caterina est partie nous faire un thé, je la retrouve dans sa cuisine, la félicite sur son appart charmant dans ce quartier mythique, lui demande depuis combien de temps elle est là. Comme pour prévenir une objection, elle se confond immédiatement en excuses en me disant qu’elle est nulle en déco, qu’elle voyage tout le temps ! Décidément, je ne suis pas devant une actrice qui se la joue, mais devant quelqu’un qui a une vraie vie, avec le tourbillon des tournages, les absences, les passages éclairs d’un pays à un autre, la difficulté, sans doute, de se poser. Mais elle me dit tout de suite qu’ici c’est son port d’attache, elle aime Paris qui est devenu sa ville d’adoption depuis presque 15 ans.

On s’est installées autour de sa table de salle à manger, elle avait sorti toutes ses pochettes à bijoux et c’est parti pour une heure de discussion passionnée sur ses créations et sur son histoire.

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Cette passion pour les bijoux, elle l’a toujours eue, elle m’explique que c’est lié à ses origines, à sa famille, à la Sardaigne.

Quand je l’écoute me raconter son pays, je comprends que ce n’est pas de l’Ile balnéaire de la méditerranée dont elle me parle, mais de cette terre granitique, du pays de ses ancêtres qui ont chassé les Maures au XIVème siècle. Elle est fière de ces paysans et de ces chasseurs qui vivent aujourd’hui dans leurs collines couvertes de plantes aromatiques et de chênes lièges, peuplées de daims, lièvres et sangliers.

Caterina a les yeux qui brillent quand elle parle de son pays, c’est plus qu’un lieu qu’elle aime, c’est son point d’ancrage, ce qui lui permet sans doute de vivre une vie de saltimbanque internationale sans perdre le sens commun, de rester fidèle à elle même. Touché ! Je fais un parallèle avec la Kabylie de mes ancêtres, à peine à 200 km au sud de sa Sardaigne, je n’ai pas pu m’empêcher !

Comme pour nous prouver à quelle point elle est Sarde, elle nous raconte qu’elle ne sait pas nager ! Elle vient de tourner une série à Monaco, « Deep », où elle joue une championne d’apnée qui passe son temps sous la mer ! C’est son coach qui pour la première fois de sa vie l’a familiarisée avec l’eau. Son pays est un pays de chasseurs, pas de pêcheurs, c’est dit !

Retour aux bijoux : Elle nous explique que le bijou est une passion familiale et aussi loin que remonte sa mémoire, elle a toujours adoré les bijoux en filigrane portés par sa mère et toutes les femmes de sa famille.

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La technique du filigrane date de l’antiquité, les étrusques furent les premiers à réaliser ces bijoux faits de très fins fils d’or torsadés, donnant l’impression d’une broderie.

Cette technique ancestrale, qui a fructifié au cours des échanges entre l’Orient, l’Afrique et l’Europe dans le bassin méditerranéen, est devenue la marque de fabrique des artisans Sardes, aujourd’hui seuls dépositaires de cette technique tuée par les procédés industriels modernes.

Je n’avais jamais vu de bijoux en filigrane et j’ai toute de suite été captée par le charme incroyable de cette broderie de fil d’or que je vois sur les bagues de Caterina.

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C’est fin, délicat, orné de petits points lumineux que je prends pour des pierres précieuses. Caterina m’explique que ces « Pibionis » sont en fait les soudures d’or qui finissent le fil, c’est la touche qui donne cet éclat particulier et ce relief délicat au bijou.

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Impatiente de tout nous montrer, elle nous ouvre ses pochettes, nous sort tous ses trésors, et nous raconte sur un tempo allegro la genèse de son histoire de création.

C’est parfois un peu touffu comme le maquis Sarde, quand je me perds, elle revient en arrière, réexplique, me glisse des mots en Italiens, j’ai du mal à suivre, mais je m’accroche, voici le flash back :

Après l’aventure du collier créé par la De Beers, Caterina a continué de voyager d’un continent à l’autre, au gré de ses tournages.

En Chine, elle a fait une première rencontre avec un Français qui a un atelier de production de bijoux et qui lui propose de lancer une ligne. Elle travaille sur des mood-boards et des dessins, le projet n’aboutira pas, mais elle a maintenant très clairement envie de s’investir dans la création de bijoux.

De retour en France, elle suit les cours de l’ING (Institut National de Gemmologie), passe le diplôme, commence à se faire un réseau dans le monde des pierres précieuses, rencontre Patrick Voillot, l’aventurier gemmologue, qui l’initie aux pierres sublimes, et l’emmène avec lui découvrir les saphirs au Sri Lanka.

En parallèle, ses contrats d’égérie pour Chaumet et Mauboussin la nourrissent, lui donnent des idées, et l’envie de s’investir plus dans ce domaine qu’elle adore. Quand elle s’en souvient, c’est pour me parler de son admiration pour les ateliers, la création, la beauté des pierres exceptionnelles. Elle a visiblement adoré être l’ambassadrice de ces joailliers de luxe, elle n’a seulement engagé son image, elle a aussi appris un nouveau métier.

Au fur et à mesure, elle se lance, elle crée une pièce, puis une autre, véritables impulsions qu’elle n’a pas eu le temps d’aboutir au départ et qui naissent au détour de ses voyages, entre deux films, entre deux rôles, comme les signes annonciateurs d’un changement profond dans sa vie.

Il y a d’abord ce motif de pivoine serti de diamants, monté en choker et manchette. La pivoine est une des fleurs qui pousse en Sardaigne me précise t-elle, son inspiration vient de là bas.

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Puis il y a ces saphirs étoilées qu’elle a rapportés du Sri Lanka, et qu’elle a montés sur 6 griffes ornées de diamants, inspiration poétique des étoiles qui règnent sur la nuit Sarde, évidemment.

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Et ce sublime bijou d’oreille en saphirs bleus et tsavorites, le parfait symbole végétal de la Sardaigne, un brin de myrte qui s’enroule subtilement autour de son oreille.

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A ce stade, Caterina a sorti tous les bijoux de leur pochette en velours noir.

Dans tout ce qu’elle me présente, mon coup de cœur va aux ravissants bijoux en filigrane.

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Les anneaux qu’elle mélange sur ses doigts, la bague avec un motif mobile, les croix qu’elle porte en ravissantes dormeuses, les saphirs bruts qu’elle a aussi rapportés du Sri Lanka, emballés dans une petite cage de fils d’ors, et tous ces chokers montés sur de beaux velours traditionnels. Les motifs en filigrane qu’elle a clipés sur les rubans racontent les 3 religions cousines, le croissant, l’étoile et la croix.

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Elle a d’ailleurs développé ces 3 signes en collab avec Fadia Otte, la créatrice libanaise militante pour la paix dans Monde.

Et aussi ce sublime plastron en corail fait de minuscules perles enfilées sur un fil d’or. C’est sauvage, irrégulier et éclatant, un peu comme elle !

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Collier

Caterina m’explique alors que toute cette ligne-là est l’aboutissement du chemin qu’elle a parcouru dans la création de bijou.

Bien sûr elle a commencé avec le diamant et la haute joaillerie, parce que c’était logique dans son parcours de Star.

Et puis un été, comme chaque été, elle est revenue en Sardaigne, chez elle, et elle a eu un flash, comme une évidence. Elle a cherché les rares artisans qui savent encore faire du filigrane, elle en a trouvé un, héritier de la technique de père en fils.

Elle l’a supplié de travailler pour elle, de lui faire quelques modèles, le coup est parti, et elle a compris que c’était là, dans cette ile montagneuse berceau de son enfance, qu’elle allait trouver son inspiration la plus sincère.

Ca a pris du temps, car le temps est une variable majeure du bijou en filigrane, il ne sort pas d’une usine, mais de mains expertes et patientes qui tissent le fil d’or dans l’ombre fraîche de leur atelier secret.

Caterina a aussi retrouvé le lieu ou se vend le corail, seul lieu de la méditerranée où la pêche de ce joyaux des mers n’est pas encore interdite, et en mixant la technique du fil d’or avec les ravissantes perles baroques, elle a aussi créé le plastron flamboyant.

Et surtout, elle a réalisé une chaîne de corps en filigrane absolument sublime (chaque anneau est réalisé à la main), pièce maîtresse qu’elle porte sur une robe bustier noir, dans un clip réalisé pour le célèbre chanteur Andréa Bocelli.

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Caterina est volubile, passionnée, emportée par son sujet .

Elle nous sort un livre de costumes traditionnels Sarde, dont elle a fait la couverture, je sens qu’elle est plus fière de ce livre que de son rôle au coté de Daniel Graig !

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Elle me demande si on a déjà gouté de l’alcool de Myrte. Il est 11h du matin, je refuse poliment, je me remémore la scène où Clavier roule sous son lit dans l’Enquête Corse. Mais elle insiste pour nous faire gouter la Myrte de son père, va pour la Myrte ! Délicieuse… on sent pas l’alcool, un vrai piège !

Elle me montre les boites de sa nouvelle ligne, entièrement confectionnées en liège, l’arbre roi de son pays natal, évidemment !

On s’est quittées ce jour de décembre dans l’enthousiasme d’une première rencontre, pour se retrouver la  semaine dernière à la Galerie Charraudeau, au 4 rue Bonaparte, où Caterina exposait pour la première fois ses bijoux à la presse.

C’était chaud, 100 personnes comprimées dans 20 m2 venues la féliciter  pour ses créations, j’ai à peine pu l’approcher et Sarah a du se battre pour faire 3 photos.

Du coup on est revenues deux jours plus tard, on a pris le temps de faire quelques photos de nous deux, que je découvre écrivant ces mots… vous noterez qu’on a l’impression que j’ai avalé un parapluie, alors que Caterina est parfaitement relax… on sent les années d’expérience devant l’objectif !

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Allez voir à la galerie Charraudeau les belles pièces de joaillerie et les ravissants bijoux en filigrane créés par Caterina. Vous ferez aussi une bonne action en achetant une de ses bagues, 25 € sont redistribués à l’AMREF, évidemment.

Vous encouragerez aussi une nouvelle créatrice qui s’appelle Caterina.

Je vous parle d’une fille généreuse, passionnée, qui vous parle avec un enthousiasme irrésistible de la beauté de sa Sardaigne Natale, et se lance avec beaucoup d’humilité et d’énergie dans une domaine qu’elle ne maîtrise pas encore totalement, mais qu’elle adore : les bijoux.

A la question finale que je lui pose hier : «Entre l’actrice et la créatrice de bijoux, tu choisis quel rôle ? », elle m’a fait une réponse sibylline avec son sourire de Joconde que je ne vous dévoilerai pas, il faut garder son mystère, n’est ce pas ?

Et je suis ressortie dans ce froid polaire de Janvier, au bout de la longue rue Bonaparte qui descend sur la Seine, en me disant que décidément, cette fille était canon, et qu’en plus, elle faisait maintenant de ravissants bijoux.

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