Ding Dengue Dong

imageT Dengue

Il paraît que quand on a un blog il faut faire rêver, donner à penser qu’on a une beautiful life, bref, livrer un peu de soi même.

Ce sujet est toujours un dilemme pour moi, car je trouve que ma vie est d’une banalité affligeante, c’est pour ça que j’essaie de ne pas trop vous saouler avec mes états d’âme, le détail de mes menus, et la couleur de mon vernis à ongle. Quoique …

Là, je me suis dit qu’il était temps de faire un 360 et de vous livrer du vécu.

Parce que des bijoux, des bijoux, c’est bien joli, mais il n’y a pas que ça dans la vie.

Il y a la politique, le boulot, les copines, les amours, les enfants, les voyages… et le très méchant Aedès Aegypti, ma dernière rencontre de dingue.

En avant pour ma beautiful life !

Je suis partie loin, mon voyage annuel de Printemps, qui me permet de me reconnecter avec le bout de la terre au moment où le soleil peine à revenir sur Paris. Cette fois j’allais voir un des deux plus beaux mecs of the world, mon fils Thibault qui vit en ce moment à Singapour (l’autre plus beau mec de la terre étant Antonin, mon cadet, qui lui est à Barcelone, je la ramène un peu façon mère juive, mes amoouuuurs !!!)

13 heures de vol jusqu’à Singapour, visite d’une ville de science-fiction, immeubles de verre et d’acier aux formes futuristes, propreté impeccable, jardins tropicaux suspendus, world-food, plus grand port de l’Asie du sud-est, ambiance business des grandes métropoles qui brassent les affaires du monde, un disneyland pour adulte qui a décidé de réussir, population policée, pas un mot plus haut que l’autre, et pas d’agression visuelle d’une religion par rapport à une autre, la seule religion de cette ville semble être la réussite sociale, et une forme de sérénité pas super excitante, mais somme toute assez reposante.

marina bay

A ce stade, j’ai juste 7 heures de décalage horaires dans la tête, un problème de chaussures ( je ne supporte plus mes claquettes), et une difficulté d’adaptation difficile au chaud-froid lié à la clim ultrapuissante, moi pauvre frenchie habituée au climat modéré. Une Margharita au sommet du Marina Bay Hôtel me réconcilie vite fait avec la froide modernité de cette ville, ça a de la gueule quand même !

Le lundi on file à Bali, 2h40 de vol, on sort dans un aéroport flambant neuf, marbre et boutiques de luxe, le tourisme fait mieux vivre certains endroits, c’est clair.

Chaleur de ouf, on part à Ubud, bourgade tournée vers le shopping hippy bohême et les cures ayurvediques, étape incontournable pour découvrir le centre de l’Ile. Hôtel super déco, The Purist Villas, au milieu d’un jardin tropical, camaïeux de gris-vert d’eau sublimes, suite à rallonge avec vue sur piscine, le pied. Enfin théoriquement, je continue à crever de chaud, à me prendre mon Stilnox la nuit pour amortir le jet lag, et mon homme qui a décidé de sillonner Bali en scooter nous fait avaler des kms sous une chaleur torride. Pas de shopping mais du bitume qui colle, je me chope le méga coup de soleil en triangle sur le décolleté, et c’est peut être là que je rentre en contact intime avec le fameux Aedes Aegypti. Maybe…

imageT ubud

Après avoir sillonné les rizières en long et en large, on redescend dans le sud, direction Jimabaran pour retrouver Thibault qui nous rejoint pour le week end. Un petit tour en scooter à Kuta et Seminyak nous rappelle que le tourisme de masse est un enfer pavé de bonnes intentions. Embouteillages monstres, air suffocant de pollution, plage dénaturée et crade, boutiques de colifichets en enfilade, hôtels aseptisés avec vue sur mer à la queue leu leu. Je me sens déprimée, ou est le monde sauvage de Bali ? Coté bijoux j’ai vaguement jeté un œil sur les innombrables trucs en argent, mais je les ai déjà vu tellement à Paris chez les grossistes de la rue du temple que je suis dégoûtée. Rien ne me plait. Ou est tu Marie Laure, tu m’a bien manqué pour me faire découvrir le bel artisanat Balinais !!

Bon, le soir barbecue de poissons et fruits de mer sur la plage de Jimbaran, ciel étoilé et bouffe enfin super bonne (je saturais du nasi goreng, la gastronomie balinaise est loin loin de la thaïlandaise…), enfin les vacances ?

On file toujours plus au sud, vers les plages de surfeurs de la péninsule de Bukit. J’ai trouvé un hôtel qui m’a l’air cool, la Cabane, tenu par Céline, une française total bali-nisée qui traîne ses claquettes ici depuis 8 ans. Enfin la nature, le taxi a du mal à trouver, on rentre dans un petit paradis perdu, bungalow ravissants, falaises, piscine à débordement avec vue incroyable sur la baie et les volcans au loin, et plage de Balangan hallucinante, très forte concentration de surfeurs australiens beaux, bronzés et musclés, le rêve.

balangan

Trois jours de farniente à compter les surfeurs australiens, à m’extasier sur les falaises sublimes d’Uluwatu, à tenter la leçon de surf façon mami nova qui fait une incursion inopinée dans un sport intense, pas une grande réussite mais comme dit Thibault « à ton age c’est déjà bien d’avoir essayé…». Et c’est sans doute là que j’ai fait plus ample connaissance avec l’Aedes Aegypti…

SyletThib

thib

Retour à Paris, long, très long. Au total 17h d’avion. Maté 4 films et fini mon livre, approfondi ma thèse sur le dernier sujet à la mode (et ma dernière obsession), les relations toxiques avec un (ou une) pervers-narcissique, mention spéciale à « Mon Roi » de Maiwen et «D’après une histoire vraie» de Delphine de Vigan, c’est bien l’avion pour écluser des sujets de fond.

Arrivée le matin à Paris, chaud–froid, mais contente de retrouver mon home sweet home. Le retour des tropiques c’est toujours le plaisir de la reprise de contact avec son steak frites, sa baguette et ses habitudes. Je suis un peu bronzée, cool, j’attaque le deuxième trimestre 2016 forte de mes vitamines sub tropicales. Y’a pas à dire, les voyages, le changement d’air, c’est vivifiant, ça vous donne une énergie dingue pour repartir d’un bon pied !

C’est sans compter sur l’Aedes Aegypti, c’est là que les choses se gâtent.

Je pars faire une demi-heure de sport, je manque tourner de l’œil dans les vestiaires. Bizarre, d’habitude ça me fait du bien, encore le jet lag sans doute ?

Je pars à la Paris Art Fair rencontrer Valentine Lecêtre qui doit me parler de sa marque de joaillerie en ligne, Divinescence Vendôme, je n’arrive pas à lui poser des questions, les mots s’embrouillent, j’ai la bouche pâteuse, je parle au ralenti.

Je fais la tournée des agences de presse, pour découvrir les collections bijoux automne-hiver 2016, j’ai du mal à clôturer ma journée, je suis prise d’une intense fatigue, je trouve tout pénible, je me souviens juste d’une sublime manchette de Marie Hélène de Taillac chez Magnat Presse, le reste se brouille, je ne me rappelle de rien.

mhtOn est à j + 4 de mon retour de Bali. Alors que j’ai une présentation des Coco Crush chez Chanel, je rentre chez moi en rampant, je grelotte de fièvre, je me couche sans même regarder le Petit Journal (c’est dire la gravité de mon état), et je dors pendant 3 jours, avec de vagues périodes de conscience, mais très vagues, entre suées, nausées, mal de bide, mal de crâne, très chaud, très froid.

chanelBon, après 3 jours de ce régime, je panique, prise de sang, pas d’hépatite virale mais les globules blancs dans les chaussettes. Appel de Bea, ma biologiste personnelle.

Le diagnostic de la professionnelle de santé est immédiat :

Béa : « t’as choppé un arbovirus »

Moi : « koi ça ? »

Béa : « un virus transmis par le moustique Aedès Aegitis, tu sais, les virus des tropiques »

Moi : « Aaaargh »

Béa : « Refais moi un prélèvement immédiatement qu’on vérifie lequel c’est »

Re-prise de sang en rampant jusqu’au labo, retour en rampant dans mon lit, envoi de sms à mon groupe de copines, Les Greluches, façon bulletin de santé de la reine mère :

Moi : « C’est horrrrible, j’ai la Dingue »

Marion : « Euh c’est pas la Dengue plutôt ? ». Toujours vigilante Marion.

Moi : « Oui sorry ça bouffe aussi le cerveau »

Marielle : « Oh là là bon courage ça dure 1 mois, mon fils l’a eu, il a passé une semaine à l’hosto avec 40 de fièvre hémorragique »

Moi : «Merci Marielle, ça me fait chaud au cœur ». Toujours diplomate mère Marielle.

Sandrine : «Profite, dors ma Poulette »

Moi : «Merci les filles, à dans 3 semaines, Inch Allah … »

La suite, qui a duré en fait 10 jours a été d’une grande homogénéité.

J’ai continué à dormir par tranches de 3 heures avec une autonomie d’éveil d’environ 1h, période à l’issue de laquelle j’étais prise d’une envie de dormir… complètement dingue.

Ma peau s’est couverte d’une charmante éruption de petits boutons rouges, façon rougeole tardive, et en plus qui démange de dingue. Normal, c’est aussi un symptôme de la Dengue.

Je n’ai rien fait, rien de rien, même pas ouvert mon mac, même pas lu. J’ai juste regardé une série, Fear the Walking Dead, dans lequel une famille recomposée essaye de survivre à Los Angeles à une épidémie d’un virus dingue qui réveille les morts. Dingo pour mon moral.

J’ai fini par avoir un pic de forme au moment du Petit journal de Yann Barthès, histoire de constater qu’entre les vannes éculées et gesticulantes de Sarko, les errements droite-gauche désespérés de Valls, les trahisons annoncées de Macron, les reculades sans fin de Hollande, et les incantations pour un monde meilleur des djeunes debout la nuit sur la place de la République, je naviguais dans un monde où finalement tout le monde était devenu dingue, à défaut comme moi, beautiful girl dans ma beautiful life, d’avoir choppé la Dengue.

Bon mais là vous voyez, après ces 10 jours dingues, je vais mieux.

Je n’ai mis que 12 heures à écrire ce post, en y allant à l’économie sur le mode sujet-verbe-complément, je ne me gratte presque plus, ma peau est redevenu presque normale, et à part une rechute de sieste hier, je ne dors plus que la nuit.

Sandrine m’a dit que quand elle était malade, petite, ses parents lui offraient un cadeau pour la consoler.

Moi j’ai réussi à flasher sur les jolis bijoux Ginette NY en turquoise et pierres fines, ça m’a rappelé Bali, la mer turquoise, le bleu du ciel, le vert des rizières, les vagues, brefs tous ces trucs qu’on garde dans la tête quand on revient des tropiques, normalement, quand on a pas choppé la Dengue.

A bon entendeur …

Et vous, vous l’avez eu ? la Dengue, Zika, le Chikungunya ? Racontez moi, ça m’intéresse !!!

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10 réflexions sur “Ding Dengue Dong

  1. Pingback: Ding Dengue Dong | Bijoux or diamant

  2. Oulala! Heureusement qu’au milieu de tout cela il y a eu de grands moments avec M. Thibault et des souvenirs plein la tête…Encore un peu de repos, recommencer doucement à fonctionner normalement et ça devrait le faire! Bon courage!

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  5. Chère Sylvie,
    C’est avec un peu de tristesse que je j’achève la lecture de votre blog sur votre dernier voyage a Bali.
    Désolé pour la Dengue, ca ne fait pas du bien et on s’en passerait.
    Je suis un peu énervé avec votre rapport sur l’état de la bijouterie dans l’Ile.
    Je suis « créateur » (même si je ne supporte pas trop ce terme) et fabricant de bijoux installé a Bali depuis une quinzaine d’années.
    Je ne citerai pas de noms, mais je tiens à préciser que les réalisations que j’ai pu voir au fil des années dans les meilleurs boutiques et ateliers de l’ile surpassent et de loin bien des bijoux que vous aimez montrer et promouvoir dans votre blog.
    Tant en termes de création que de fabrication.
    C’est dommage que vous n’aillez pas eu l’occasion de vous en rendre compte et je serai ravi d’être votre guide dans un prochain voyage.
    Sincèrement,
    Laurent Leger

    • Laurent, j’avoue humblement que je n’ai pas du tout fait ce voyage dans un but professionnel et que je suis passée à coté de plein de choses intéressantes sur les bijoux !! Envoyez moi des infos et photos sur mon mail, je regarde avec plaisir ! sylvie@lesprecieuses.fr et merci pour vote message !

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