Festival de boucles d’O.

imageT cannes

Il y a des événements auxquels on ne peut pas échapper, sauf à vivre en ermite, ou sur la Lune.

La coupe du monde de foot, les élections présidentielles, les maîtresses des présidents de la république, la guerre, Strauss Kahn à Rikers Island et le festival de Cannes, font partie de ces tsunamis médiatiques qui vous envahissent du matin au soir sur les ondes, les feuilles de chou et les écrans, et il faut être totalement autiste (ma mère doit en faire partie, elle a toujours du mal à se rappeler qui est Zinedine Zidane…) pour passer à coté.

Le dénominateur commun de ces événements, c’est qu’ils font appel aux ressorts universels de la curiosité humaine, ils fascinent tout le monde en général (ou presque, encore une fois sauf ma mère, elle ne s’intéresse qu’à la littérature, la théologie et la philosophie, le reste est vraiment trop vulgaire…), et moi en particulier.

J’aime les héros du foot, les héros de la politique, les héros de la guerre, les héros déchus et les héroïnes du cinéma. J’aime, avant tout, les personnes exceptionnelles, qui ont ce quelque chose qu’on n’aura jamais, cette parcelle d’éternité que leur octroie leur courage, leur talent, leur ambition, leur destin ou leur beauté.

AymelineValade AudreyTautou

Le monde a toujours tourné autour de cette fascination, nos ancêtres de l’antiquité avaient leurs icônes des stades, de la guerre et de la sagesse, le peuple de France a idolâtré ses rois jusqu’à la sentence de l’échafaud, et nous avons aujourd’hui nos dieux médiatiques.

On peut s’indigner contre le business florissant qu’en tirent les journaux people, les paparazzis et les chroniqueurs mondains (j’adore détester Nicolas Bedos, et je dévore sans vergogne ses chroniques odieusement croustillantes dans mon ELLE hebdo). Mais l’attraction vers ce monde fantasmé entre ciel et terre, entre commun des mortels et divinités, joue à plein régime quelque soit son degré d’éducation, son niveau social, et sa couleur de peau (sauf ma mère mais bon j’arrête de vous saouler avec elle, c’est vrai que j’ai un atavisme d’intellos un peu lourd à gérer…)

Et je crois que ce qui est le meilleur dans toute cette histoire, c’est qu’on aime et on déteste à la fois. L’adoration se combine avec la répulsion (on a quand même un peu honte de ce voyeurisme obsessionnel) et les deux sentiments imbriqués sont le combustible fécond de cette attraction irrépressible. On aime se fondre dans ces êtres fantasmés exceptionnels, comme un double qu’on ne sera jamais, on s’enivre de ces histoires héroïques, de ces vies passionnantes, de ces revers dramatiques, et de ces visages sublimes.

 AissaMaiga amberheart

Tout ça pour vous parler de Cannes, de ses stars et de leurs boucles d’O. (Oreilles of course !), tu parles d’une intro démesurée.

Le festival de Cannes et sa débauche de perfections carénées de soie et diamantées font naître en moi la même ambivalence attraction-répulsion.

Oui je suis scotchée par la beauté des stars et par leurs robes et leurs bijoux d’exception, mais en même temps je trouve tout faux, fake comme disent les anglais. Je traque les faiblesses sous l’apparence, la ride sous le fond de teint, le botox sur le front, les privations sous le vente plat, le narcissisme sous les bons sentiments, bref, je traque le faux pas sur le tapis rouge. Je regarde, je scrute, je vois, et je suis déçue. Finalement, la réalité est plus charitable, en affichant nos failles, elle nous rend humains, accessibles, désirables.

MelanieLaurent NicoleKidman

Hilary Swank me touchait en boxeuse blessée, pas en icône de Chopard, Mélanie Laurent ressemble à un porte-chandelier Chaumet alors qu’elle m’a émue aux larmes en violoniste passionnée dans Le Concert, et les rivières de diamants Harry Winston de Nicole Kidman ne réussissent pas à faire oublier la bouche gonflée à l’acide hyaluronique de l’ancienne sauvageonne australienne.

Ce qui me gêne dans Cannes, c’est cette obsession de la perfection, ça casse l’émotion. Et sous la lumière crue du mois de mai cannois, derrière ces bijoux merveilleux, ces robes magiques, et ces maquillages sublimes, on ne voit plus la personne, mais un ersatz d’elle même, un décor de carton pâte, un vide.

Mais les stars font leur métier, qui est d’être multiples, à défaut d’être vraies.

À Cannes, cette années, elles nous ont livré le plus beau défilé de boucles d’oreilles, à croire que ce bijou proche du visage est le plus bel écrin de leur beauté. J’ai essayé de faire un palmarès de mes préférées, j’ai eu du mal, elles étaient toutes trop belles. Et puis comme je crois que c’est LE bijou qui redevient un essentiel, comme d’habitude, je vous livre My BO’s favorites.

Comme les stars, travaillons à être belles, mais surtout, sans être parfaites, c’est trop ennuyeux !

MY FAVORITES

myfav jacquieaiche myfav taylorwave

myfav sophiebillebrahe myfav yvonneleon

myfav marielaure myfav Adeline

myfav tenthousandthings myfav siataylor

Boucles d'oreilles créateur Selim Mouzannar myfav broooke

 

 

 

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10 thoughts on “Festival de boucles d’O.

  1. Très bon gout et Dieu merci tu ne nous a pas mis la Cotillard que l’on voit partout…
    J’adore les BO mais je n’ai pas les oreilles percées… too scary !!
    Bisous

    • J’ai attendu 50 ans pour me faire percer les oreilles: je n’ai pas souffert ( ni de l’âge, ni des oreilles) et une nouvelle vie perçait à l’horizon. Aujourd’hui, j’ai une grosse boîte bien remplie, mais j’en veux encore et encore ! Merci Sylvie de nous tenter : c’est bon, ça fait vibrer…Tant que la tentation est là, c’est bon signe. Merci de nous confondre avec des vérités inavouables  » j’adore détester Nicolas Bedos, et je dévore sans vergogne ses chroniques odieusement croustillantes dans mon ELLE hebdo)…

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