Les bijoux indiscrets

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Vous ne trouvez pas qu’il y a un petit air de ressemblance entre la Natalia Vodianova de Shamilar

et la Salomé Dansant de Gustave Moreau ?

Pour moi, d’un coup ça a fait tilt.

J’avais adoré la pub de Guerlain, entre orientalismes revisités et légende Indienne, et j’avais été frappée par ce corps gracile enveloppé d’un bijou somptueux et multiple, souple comme un lierre qui se love dans les interstices des murs de pierre, ornement sublime d’un corps parfait.

Le rôle du bijou , un fort potentialité de séduction

Je me suis dit que cette image était l’apothéose du rôle du bijou: dessiner le corps dans sa totalité, pour accroître sa potentialité de séduction, en faire un objet de désir absolu, faire briller sa beauté sans cacher la peau, jouer ce jeux subtil de l’intime et du paraître.

N’était-ce pas ce qu’avait cherché Gustave Moreau en dessinant le corps de la fatale Salomé de volutes de calligraphie envoûtantes ?

L’image de Natalia pour Shalimar m’a aussi fait réaliser que cette vision mythologique du bijou n’arrivait pas par hasard. Ne voit-on pas éclore depuis quelques années, la mise en valeur de nouvelles parties du corps  par les bijoux ? Comme si les créateurs avaient tout à coup redécouvert le corps féminin, et déclaré que le haut de l’oreille est aussi joli que les lobes, que la main est aussi intéressante à enserrer que les doigts et que ceux-ci ont trois phalanges et pas une seule, transgressant ainsi les traditionnelles catégories bague-collier-bracelet-boucles.

Les bijoux de têtes sont venus magnifier les coiffures sophistiquées ou sauvages, les boucles d’oreilles ne se contentent plus de l’avant du lobe, mais grimpent élégamment sur les délicates courbes et habillent aussi l’arrière de l’oreille, les bagues se portent sur tous les doigts et se combinent astucieusement avec des bagues de phalanges ou des bracelets, décorant la main entière d’une armure sophistiquée de pierres et de chaînes, les colliers se transforment plastrons ou cascades, habillant aussi bien le décolleté que le dos, ou même les cheveux.

C’est comme si la création avait convoqué l’histoire, puisant dans les coffres des reines de la renaissance, dans les parures des Mille et Une nuits, dans les traditions des ethnies oubliées, et dans les rites occultes, pour réinventer de nouvelles façons de porter le bijou.

« Imagine que n’importe quel bijou est une sorte de ravissant parasite qui colle à une partie de toi, il ne fait pas exactement partie de toi, mais il est contre toi d’une manière qui est différente de la manière dont les vêtements t’enveloppent… Les bijoux aspirent à entrer dans le corps, à pénétrer sous la peau, à s’incorporer à toi, alors même qu’ils restent à l’extérieur ornementaux, purement décoratifs, qu’ils ne sont pas essentiellement toi . Mais le désir des bijoux de devenir une partie de toi même est contrarié par leur désir de rester des entités séparées ».

Extrait du livre de Richard Klein, « Les bijoux indiscrets »

C’est un peu étonnant au départ, mais je trouve qu’il y a une certaine jubilation à sortir des sentiers battus ! Au début, on se dit pas pour moi, puis on hésite, puis on essaie, et enfin on adopte. Moi je pencherais bien pour les boucles d’oreilles envahissantes, je vous laisse le choix !

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