Passion Amérindienne

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Quand j’avais 18 ans, la plus belle fille de la fac portait des santiags, des boucles d’oreilles de turquoises mobiles qui jouaient avec ses longs cheveux noirs, et une bague Harpo à chaque doigt. Elle était belle comme une apache, avait tous les mecs à ses pieds, et rentrait comme une princesse au Bus Palladium. J’étais jalouse à mort de sa superbe, et moi aussi j’ai cédé à cette folie de la turquoise du Far West, mais avec mon teint pale et mon look trop sage ça ne rendait rien, n’est pas indienne qui veut …

Rares sont les bijoux ethniques qui ont été plébiscités à ce point par la mode, et dont le style revient sur le devant de la scène de façon récurrente.

C’est le cas des bijoux amérindiens, qui font l’objet d’une exposition à la galerie Catherine Houard à partir d’aujourd’hui. La parution du vogue.fr sur cette expo illustre à merveille cette passion persistante.

La turquoise et l’argent, et les subtils motifs des bijoux amérindiens fabriqués au Nevada ou au Nouveau Mexique, sont les stars d’un style bohême chic qui traverse les générations. Les bijoux de mes 18 ans de la marque mythique Harpo  sont toujours au top, c’est dire !

bijoux

Je crois que ce que l’on aime dans ce style vient de l’élégance innée, sauvage et incroyablement sensuelle des femmes amérindiennes. Leur regard farouche et noir, leurs longs cheveux de soie, leur costume brodé couvert d’une multitude de bijoux colorés, fait d’elles une inépuisable source d’inspiration pour la mode.

Gilet de perles 4

J’en veux pour preuve la figure de Zitkala Sa, que j’ai choisie pour illustrer ce post, née en 1876 dans le Dakota du sud, arrachée à l’âge de 8 ans à sa tribu par les missionnaires, pour être éduquée selon les normes des quakers. Rebaptisée Gertrude Simmons, elle devint une musicienne de talent, mais aussi écrivain, éditeur et activiste politique, pour la défense des droits de son peuple. Sa beauté farouche me frappe sur cette photo qui doit dater de la fin du 19ème, j’imagine sa vie, entre deux cultures, deux mondes, deux familles, entre une culture dominante, qu’elle a fini par adopter, et une culture dominée, orale et résiduelle, celle de sa tribu Sioux, qu’elle n’a jamais reniée.

Il y a dans les bijoux ethniques la force d’une culture ancestrale. D’un point de vue anthropologique, ces bijoux n’étaient pas que des ornements, mais aussi des talismans, des amulettes, des marqueurs d’une identité sociale, et des éléments de transmission.

Catherine Houard a rassemblé pendant deux ans des pièces datant de la fin du 19ème et du début du 20ème siècle, des bijoux, mais aussi des accessoires, vêtements et objets de la vie des amérindiens.

A voir, jusqu’au 9 janvier, Galerie Catherine Houard, au 15 rue Saint Benoit dans le 6ème, pour se replonger avec délice dans le romanesque du Far West !

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2 réflexions sur “Passion Amérindienne

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