Révélations

En ce moment je fais tout lentement, marcher, évidemment, m’habiller, me mouvoir, et écrire dans mon blog. Ce qui explique, sinon excuse, cette tardive rétrospective sur les bijoux exposés au salon Révélations, biennale internationale des métiers d’art et de la création.

J’ai lâché mes béquilles depuis 5 jours, cette liberté retrouvée me donne un sentiment de légèreté qui s’apparente au bonheur, finalement cet état est un concept simple, il suffit que la galère prenne fin pour qu’on le touche au plus près.

Je suis allée visiter le salon le 23 mai, le premier jour d’ouverture, c’était ma première sortie dans un lieu public après un mois et demi d’immobilisation, le soleil brillait sous les verrières du Grand Palais, j’ai été éblouie par cette exposition grandiose qui mettait à l’honneur les créations d’artisans au savoir faire unique.

La verrière est une œuvre d’art à part entière, elle laisse entrer le ciel dans cet espace immense, auréolant chaque objet d’une aura de lumière.

Tout était beau dans la scénographie de l’exposition, je suis tombée en arrêt dès l’entrée devant les œuvres exposées à la croisée des chemins, météorites organiques, marines ou aériennes qui seraient tombées du ciel par hasard au beau milieu des allées.

Le thème de la matière était à l’honneur cette année, bois, verre, silicone, feuille d’or, substances pigmentées, j’étais venue pour voir des bijoux, mais il m’a semblé que chaque œuvre exposée était un bijou géant, un ornement précieux de l’espace.

J’avais été invitée par la marque Persta, que j’ai découverte en janvier dans le showroom de bijoux de créateurs de Muriel Piaser. J’avais été conquise par les créations de cette toute jeune marque crée par le duo Olivier et Guilhem deux frère jumeaux, l’un artisan joaillier ayant fait ses classes chez une grande marque de la place Vendôme, l’autre directeur artistique en charge de la communication.

Les bijoux de Persta sont inspirés par les formes de l’antiquité orientale, revisitées par l’extrême précision des techniques de joaillerie modernes, et par un concept de modularité qui permet un jeu d’associations entre différentes pièces.

Différents types de nacres sont utilisées pour mettre en valeur les pierres précieuses, créant un contraste incroyablement riche avec la transparence de la pierre. Il y a chez Persta l’opulence antique, la perfection joaillière, et une impertinence un peu rock assez irrésistible. La bague réalisée spécialement pour le salon Révélations avec une améthyste fabuleuse à la taille inédite est une merveille de détails, sous toutes ses angles.

Je suis ensuite passée voir la belle Amélie Viaene dont j’ai déjà fait le portrait dans ce blog, j’aime ses créations uniques qu’elle sculpte dans la cire avant de réaliser le modèle en or dans son atelier boutique du 62 rue Vaneau. Amélie est une artiste à part entière qui a une vision singulière du bijou.

Ses bagues sont spectaculaires et d’un confort absolu, toujours créées à partir de la pierre à sertir, ou d’une pièce antique, comme cette perle vénitienne de l’antiquité ou ce camée qu’elle a trouvé dans les tiroirs d’un antiquaire.

Puis je suis tombée sur Laurence Opperman, dont je connaissais le travail grâce à la galerie Elsa Vanier. D’origine Lyonnaise où elle a son atelier, Laurence travaille l’or dans la matière, elle file, sculpte, martèle, polit, étire le métal précieux pour créer des bijoux aux formes organiques d’une grande élégance.

Les bijoux de Laurence sont aussi des pièces uniques qu’elle façonne avec l’exigence de l’artisan qui transforme la matière.

J’ai retrouvé Esther Assouline que je suis depuis toujours, ses créations me font penser à un trésor caché dans un temple antique, Ephèse, Byblos, l’Acropole ou Corinthe, Esther puise son inspiration dans le monde ancien de la méditerranée.

Ses pièces d’or son puissantes, imprimés de motifs ravissants et sertis de pierres multicolores et de diamants taille ancienne.

Et enfin, au détour d’une allée, j’ai découvert l’univers de Rosset-Gaulejac, une maison de haute joaillerie nichée depuis deux générations dans une ravissante boutique atelier de la rue Jacob. Cinq artisans passionnés travaillent aujourd’hui avec Simon-Pierre Rosset-Gaulejac et réalisent des pièces sur mesure.

Leur stand est une merveille de poésie, les bijoux sont disposés dans décors de végétaux et de minéraux, le maitre des lieux qui est aussi un passionné de pierres précieuses me présente sa collection de pierres exceptionnelles, disposées sur des dalles de grès comme dans un jardin japonais.

J’aime ces artisans créateurs de bijoux. Ils façonnent des pièces avec leurs mains, il n’y a pas de machine, pas de sous-traitant, pas d’atelier au bout du monde, pas de séries, juste des pièces uniques réalisées avec passion et persévérance. Et il y a le temps passé à chaque détail, le temps comme l’élément la plus essentiel de la création.

Photo Sarah Clavelly

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