Wild

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Pendant les fêtes, je vis une sorte d’engourdissement de mes fonctions cognitives, cette quinzaine s’apparente pour moi à une très longue crise de foie.

Je fais partie des ronchons qui n’aiment pas cette période, qui n’aiment pas la bûche au beurre ni la dinde aux marrons, ni les sapins en plastique, ni les chansons de Tino Rossi qui vous tympanisent dans les magasins, ni la profusion de cadeaux qu’on se trouve obligé d’offrir et qui finiront au fond d’un placard.

Bref, je n’aime pas le kitsch de Noël.

Mais j’ai quand même mes madeleines de Proust pour supporter cette « épreuve ».

Je me saoule de comédies romantiques américaines qui me font sortir la boite de kleenex, je relis mes classiques, de Somerset Maugham à Milan Kundera en passant par Jane Austin, David Lodge ou tintin, j’essaye de déchiffrer un philosophe, cette année c’est René Girard (« Mensonge romantique et vérité romanesque », le désir mimétique, … un truc de dingue…), je me goinfre avec mes boys de foie gras et de chocolat, et j’attends que ça se passe, en rêvant.

Parce que Noël, c’est la fin d’un cycle, et qu’on y croit ou pas, la naissance d’un espoir. C’est le temps qui passe, mais qui se renouvelle sans cesse. C’est la mue qui nous oblige à nous réinventer, c’est la pause dans une vie répétitive pour nous obliger à penser, à se souvenir, à se projeter. C’est l’orgie avant la purge, le trop plein étouffant avant le vide salvateur, l’inaction avant l’action, la saturation avant l’épure, une page qui se tourne avant une nouvelle page, blanche.

C’est pour ça que dans cette entre deux, j’ai décidé de ne pas vous parler de bijoux.

Mettons les quelque part, dans une boite secrète, bien fermée, bien cachée, et oublions les, pour un moment, et pour avoir plus de plaisir à les retrouver, bientôt.

Je vous propose de tout laisser derrière vous, de partir à l’aventure, découvrir la beauté sauvage de la terre, le bleu intense des fjords, le blanc des cimes, la douceur de la fourrure d’un animal sauvage, le souffle de l’immensité, le vertige de la solitude dans la nature, le frisson de l’aventure, le regard sur la ligne d’horizon, la vie brute, sans artifices.

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J’ai regardé avec beaucoup d’émotion le film « Wild » avec Reese Witherspoon, parce que cette quête personnelle dans la solitude de la nature me parle.

Je dois avoir 50 photos dans mes archives, moi et mes chaussures de rando, moi et mon sac à dos, moi en train de grimper, moi au sommet d’une montagne, moi avec le V de la victoire devant un horizon sans fin. A tel point que mes copines me vannent, la photo de ma dernière rando est la même que celle des 50 dernières !

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Et pour ceux et celle qui pensent que marcher dans la nature est vain et fatigant, moi je réponds que ça vaut de l’or.

Se priver un temps de tous les objets de notre vie quotidienne, du confort, de sa douche chaude, de ses wc propres et dotés d’un verrou, de son lit douillet, de son marché bio et de son steak-frites, oublier bijoux, fringues et maquillage, mari, amants, enfants et amis, pour se coucher sous les étoiles et se laver dans un torrent, c’est le pied total, car le manque réanime le désir qui s’était évaporé dans la possession.

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Et puis il y a le rythme des pas qui se substitut à la mécanique stérile de la vie quotidienne, et qui, par un phénomène aussi magique que salutaire, transmet une énergie prodigieuse au cerveau, comme la turbine se charge en énergie électrique par le flux de l’eau . Marcher, c’est se retrouver avec son vrai moi, c’est lutter contre les maux élémentaires, faim, soif, froid, chaud, fatigue, mais c’est aussi se réinventer.

Et enfin, il y a ce souffle incroyable qu’on retrouve dans les grands espaces, cette immensité qui vous envahit, vous traverse, et vous lave de tout.

Ça y est je suis partie dans mes délires.

Juste pour dire qu’en cette période d’excès (surtout alimentaires), mon envie est de m’alléger, de mettre mes grosses pompes de marche, et de partir sur un chemin. Mais pour vous prouver que je n’ai pas totalement perdu la tête, et que je reste une fille, je vais vous avouer que le seul objet qui échappera à ma purge sera ma montre, mon cadeau de Noël évidemment, la sublime Carrera acier de TAG Heuer aux heures et aiguilles en or rose. Et aussi pour me la jouer comme Jennifer Connelly dans « Blood Diamond », qui n’a gardé que son Leica et sa montre de luxe pour survivre dans la violence des trafiquants d’armes et de diamants de la Sierra Leone, et accessoirement, séduire Léonardo di Caprio.

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Je ne sais pas encore lire l’heure dans les étoiles, alors c’est sûr, elle va m’être indispensable ma nouvelle montre, pour grimper sur la Rhune, ma montagne du pays basque, 905 m d’altitude, 3 heures de rando en tout, rando familiale par excellence, accessible de 7 à 77 ans, vue panoramique sublime d’Hossegor à San Sebastien en passant par les sommets enneigés des Pyrénées toutes proches, omelette-frites-saucisson à la venta Yasola en descendant, ma petite tranche Wild de noël, en quelque sorte …

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Spéciale dédicace de ce post à ma très chère Sandrine, qui au moment où j’écris est à l’autre bout de la terre, New Zealand, Down Under, en road trip solitaire, et qui va relire ce post avant de se coucher, alors que je pars faire mon footing du mid day !

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11 réflexions sur “Wild

  1. Pingback: Wild | Bijoux or diamant

  2. Magnifique post, une sincérité crue et une lucidité honnête sur notre dualité quotidienne, entre un matérialisme impatient et la belle impermanence de notre spiritualité.
    Je connais bien cette cyclique nécessité d’aller voir ailleurs pour mieux se retrouver, qu’on tente de toucher du doigt entre deux run et une heure de yoga le reste du temps.
    Si cela est succeptible de vous intéresser, je publie sous peu le récit de mon expérience sur un morceau du chemin de Saint-Jacques.

    Je viens de découvrir votre blog par hasard, pour une histoire de bijou. C’est un plaisir.

    Bonne continuation,

    Florence

    • Merci Florence, nous avons donc quelque chose en commun ! Bien sur je suis intéressée par votre récit, d’autant que je randonne souvent dans les Pyrénées et que je lis toutes les histoires de marche, de « Tragédie à l’Everest » à « Immortelle randonnée » … tenez moi au courant. A bientôt !

  3. « le manque réanime le désir qui s’était évaporé dans la possession »
    Tres juste…
    Je te recommande, si ce n’est deja fait, le Compostelle, n’importe ou, entre le Puy en Velay et les Pyrénées…
    Bonne année !
    Pascal

    • Merci Pascal, je note tout de suite cette rando sur mon planning ! Une super bonne année à toi et ta famille et j’espère à bientôt au Sri Lanka !

  4. Bonjour Sylvie,
    Pour ne pas manquer au rituel immuable, je te présente mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année. Que 2016 soit synonyme de brillance, de flamboyance mais surtout de croyance et d’espérance. Pour ma part, je partage totalement ton avis sur ces fêtes de fin d’année et je crois qu’une belle randonnée loin de toutes ces futilités quotidiennes est LA VRAIE VIE.
    Au plaisir de te revoir ou de te lire,
    Bien amicalement.
    Anne-So

  5. Bonjour Sylvie!
    Mieux vaut tard que jamais, j’ai changé d’adresse ip/de support/d’interface/de template et de contenu pour me concentrer sur l’écriture sobre et (je l’espère) efficace.
    Voici donc le site du Dr La Poudre et la première partie du récit d’une vraie fille sur la route de Saint-Jacques de Compostelle. Je n’ai pris qu’un bijou avec moi lors de ce voyage, un concentré d’essentiel. Un peu comme le chemin!

    Très belle journée et à bientôt peut-être,
    Florence
    http://goo.gl/rdlwcb

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