Birdy Joaillerie, le nouvel Eden d’Alexandra

Les posts que j’écris en ce moment sont des souvenirs très récents. Juste avant le confinement saison 2, du temps où l’on pouvait encore aller dans une boutique pour voir, rêver, toucher, essayer, un bijou.

Fin octobre, j’avais rendez-vous avec Alexandra Makowski, la fondatrice des boutiques Birdy.

Je me rappelle d’un ami qui disait qu’il était heureux parce qu’il avait la mémoire d’un poisson rouge. J’avais trouvé ça à la fois déplorable, qui a envie de ressembler à un poisson rouge (?) et en même temps très pratique, parce que le manque d’imagination, ou plus exactement l’impossibilité de se remémorer le passé ou de se projeter dans l’avenir, c’est la garantie d’un état végétatif tout à fait tranquille.

Si aujourd’hui je pense à ça, c’est parce qu’avec ce qui nous arrive, il me semble que je suis touchée par ce syndrome. Bloquée dans un instant présent sans saveur ni odeur, je m’accroche à des ersatz routiniers dont mon tour dans le bois de Boulogne, la gym sur zoom et ma visite à Laurent, mon caviste préféré (à défaut du libraire), sont la pierre angulaire. Et je peine à me souvenir des moments extatiques. Y en a-t-il eu ? Certainement. Y en aura-t-il encore ?  Va savoir.

 Je me suis donc replongée avec bonheur dans le souvenir de ce délicieux moment avec Alexandra, une heure à essayer les ravissants bijoux de sa nouvelle boutique dédiée à la joaillerie.

Quand je suis arrivée au 18 rue Saint Placide, Delphine était déjà là avec Alexandra, en train de faire des essais, la lumière artificielle rend l’exercice difficile pour la photographe.

J’ai tout de suite été séduite par l’ambiance, cette lumière chaude, le raffinement du papier de soie japonais au mur, la fresque luxuriante du fond de la boutique qui invite à une promenade dans un jardin exotique, la touche raffinée des tapis et tissus ethniques du canapé, et les deux perroquets de bois qui trônent sur leur branche comme les gardiens du jardin d’Eden.

C’est en parlant décoration qu’on a commencé notre discussion, parce que c’est l’autre passion d’Alexandra. Elle m’a expliqué qu’elle créé le décor de ses boutiques comme elle le fait pour sa propre maison.

Elle aime un style bohême éclectique et raffiné, le contraste entre les motifs illustratifs des tissus de la maison Pierre Frey et le sol brut en béton ciré, les objets insolites qu’elle chine dans des brocantes ou lors ses voyages. A tel point que, quand son mari Georges, avec lequel elle est associée depuis le début de l’aventure Birdy a trouvé cette dernière boutique, ils se sont sérieusement demandés si ils n’allaient pas se lancer dans la décoration.

Mais finalement ce sont les bijoux qui ont pris le dessus, parce que cela fait maintenant 7 ans que Birdy est devenu un multimarque reconnu dans le domaine du bijou créatif, et que l’envie de passer de la fantaisie à la joaillerie a été un cheminement naturel.

Depuis la première boutique Birdy ouverte en 2013 rue des Lombards, Alexandra et Georges ont essaimé 5 boutiques supplémentaires dans Paris, le 12 de la rue Saint Placide puis les Batignoles, Longchamp, Passy et Sévigné. La boutique de joaillerie où nous sommes est donc leur 7ème point de vente, on peut dire qu’ils ont créé un concept qui leur est propre, avec un véritable univers.

Alexandra m’explique que depuis le départ, elle a capitalisé sur ce qu’elle aime profondément, le bijou accessible en tant qu’accessoire de mode, du petit bracelet grigri de By Johanne que s’achète une jeune fille de 15 ans sur un coup de cœur jusqu’à la belle pièce semi-précieuse de 5 Octobre qui « enlève » une tenue. Elle vient de la mode où elle a fait ses classes et où elle a fini par se lasser des contraintes volume/coût de ce marché devenu hyper concurrentiel. Si elle s’est tournée vers le bijou créatif, c’est parce qu’elle a appris à le découvrir dans la maison Gas, où elle a été directrice de boutique pendant deux ans.

Elle a senti que ce marché en pleine expansion manquait terriblement de boutiques à l’image des créateurs, souvent de toutes petites entreprises qui gèrent elles-même leur production et leur commercialisation. On ne travaille pas de la même façon avec un importateur chinois qui vous balance des milliers de pièces dans un entrepôt et une jeune créatrice qui vient vous livrer elle-même sa dernière collection !

D’ailleurs le choix d’Alexandra est clair, elle favorise l’artisanat Français :

« Il y a tellement de jolies marques en France, que ce soit en fantaisie comme en joaillerie ! Pourquoi irais-je chercher ailleurs ? Je préfère valoriser le savoir-faire français, c’est un parti-pris ! »

Je lui fait remarquer que Céline Daoust qui est chez Birdy depuis toujours et que j’adore est Belge, on rigole, la Belgique ça reste un peu la France non ?

Quand Alexandra parle de ses marques, il y a beaucoup d’admiration, énormément d’amitié, et aussi, une grande fidélité. Elle est très fidèle à celles qu’elle a dénichées dès le départ, comme Katia Samson de Sharing, qui réalise de délicats colliers et bracelets de fils tissés sur des pierres précieuses, ou de 5 Octobre dont distribue les collections à la fois fantaisie et joaillerie.

Elle me sort des vitrines les joncs de Vanessa De Jaegher en vermeil et diamants taille ancienne qui me font complètement craquer, les incroyables pendentifs de tourmalines slices sertis de diamants taille rose de yv.delloye et les délicates boucles d’oreilles de Abis By Anaïs qui allument chez moi une dangereuse pulsion de perçages multiples de l’oreille.

Je regarde Alexandra poser devant l’objectif de Delphine, je sais que les photos seront réussies, parce cette fille est gracieuse, naturellement.

Elle porte une blouse indienne aérienne aux couleurs douces sur laquelle s’accumule sa collection de colliers grigri. Elle a l’art d’associer les bijoux de différentes marques, je reconnais l’œil de la collectionneuse, parce que tout ce qu’elle porte se répond parfaitement et créé ce style qui lui est totalement personnel, bohème, raffiné et hyper féminin.

Et je comprends que c’est pour ça que Birdy marche bien, parce qu’elle est une bonne acheteuse, qu’elle a l’œil, mais surtout, parce que quand on la voit, on a tout de suite envie d’acheter tout ce qu’elle porte sur elle. Les vraies influenceuses sont dans la vraie vie, par sur Instagram, je vous le dis.

Alexandra me demande la photo de nous deux, on pose devant la jolie fresque de la jungle exotique de Pierre Frey.

On plaisante sur le cliché de la blonde, ce qui me fait dériver sur la question de ses origines. J’apprends qu’Alexandra a des ancêtres polonais, ce qui ne m’étonne pas, vu ses yeux gris verts, mais aussi un grand père algérien. Je sursaute, et le fameux « Ah c’est fou, on dirait pas !!! » m’échappe… Je viens de répéter le truc horripilant qu’on m’a infligé toute ma vie quand je disais que j’avais un père… algérien.

On rigole, décidément les bijoux ne sont pas notre seul point d’intersection… et puis les mélanges, c’est ce qu’il y a de mieux non ?

Car oui, bien sûr, il y aura encore des moments extatiques, des moments où l’on rencontrera des personnes qui partagent la même passion, des moments où l’on essayera des bijoux en vrai, et où l’on papotera chez Birdy avec Alexandra sous l’œil narquois des perroquets.

Photos Delphine Jouandeau

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