L’irrésistible folie douce de Florence Nérisson

C’est l’été… Pour la plupart du monde, la seule préoccupation, c’est de se faire bronzer les fesses et de picorer des tapas avec un verre de rosé devant le soleil couchant.

Mais il y a les autres, ceux qui bossent.

Par obligation : les saisonniers, médecins, sauveteurs, guides, hôteliers et restaurateurs au service des touristes tout l’été.

Par vocation : les sportifs qui se produisent au JO.

Et par aspiration : les écrivains et les artistes qui ne se lèvent le matin que pour assouvir leur soif de création.

J’ai une grande admiration pour cette troisième catégorie à laquelle je rêve d’appartenir, ambition perturbée par mon inclinaison aux plaisirs primaires de la vie, fesses bronzées, rosé, tapas…

Florence Nérisson fait partie de ces artistes que les vacances n’intéressent absolument pas.

Lire la suite

Share Button

Martin Martin, le chic remix selon Capucine

Si la mode reste pour moi un domaine désirable, c’est parce que je n’ai jamais réussi à en faire un métier pour en percer les mystères. Du haut de mon 1m73, j’ai bien tenté une carrière de top model autour de mes 20 ans, mais mon rêve s’est heurté à la dure réalité d’un nez trop grand, d’une oreille mal finie, d’un IMC non conforme et d’une démarche dégingandée digne d’Olive, la femme « à Popeye ».  

J’ai remballé mes rêves de grandeur après quelques petits jobs de mannequin-cabine au salon du prêt-à-porter pour des marques du sentier, job rémunérateur mais totalement dévastateur pour mon égo. Et j’ai remisé la mode au rang d’archétype de la perfection, inaccessible, réservé aux déesses de la hype.

Par la suite, je suis restée une spectatrice admirative des prouesses de la haute-couture et des fantaisies des créateurs, mais en réalité, je ne m’intéresse qu’aux vêtements que je peux porter, dans mes critères et dans mon budget, parfaitement identifiés depuis des lustres. J’ai un style sobre, classique, un tantinet routinier, et totalement axé sur le confort. Je ne me pose aucune question existentielle dans ce domaine, je ne fais quasiment plus d’erreur d’achat parce que je ne prends aucun risque. Bref ça ne fait pas rêver, mais je crois que ça s’appelle avoir trouvé son style, au grand dam de mon amie Isabelle Thomas, conseillère en image, qui aide avec talent toutes celles pour lesquelles la mode appliquée à soi-même reste un torture-test.

J’ai une grande admiration pour les filles qui savent créer et lancer un style, parce j’en suis incapable et que j’étouffe parfois dans ma monotone sobriété. L’audace des créatrices de mode et bijoux Marie Lichtenberg et son amie Diane Goldstein, me bluffe complètement et me pousse à sortir de ma sempiternelle monochromie. Dans un style plus couture, mon œil avait été attiré il y a un an par les sublimes vestes de MARTIN MARTIN, découvertes grâce à Constance et Sylvain de Persona Editions sur un shooting pour le joaillier Selim Mouzannar. Une élégance sobre, une ligne impeccable et quelques détails ultra sophistiqués font des vestes Martin Martin le truc qui vous habille en un clin d’œil.A la sortie de l’hiver et du énième confinement, j’ai été prise par une irrépressible pulsion de renouveau. J’ai eu envie de changer de look, de balancer ma penderie pour endosser un costume de lumière et j’ai repensé à MARTIN MARTIN. J’ai appelé Capucine, qui a tout de suite répondu présente à mon invitation. Après un démarrage en trombe chez Net-à-Porter, elle repositionnait sa marque sur de la vente directe et préparait le lancement de son Eshop, je tombais à pic.

Après 3 rendez-vous manqués pour cause de cas-contacts et de contrariétés covidiennes, nous nous sommes enfin retrouvées chez elle avec ma photographe Delphine, dans son ravissant appartement de la rue de Paradis baigné de lumière, un lieu multifonction qui lui sert aussi de bureau, showroom, et studio photos.En boots vernies noires, jean et pull rose poudré, visage naturel et longs cheveux bruns à demi noués en chignon express, Capucine a l’élégance désinvolte d’une Jane Birkin, et la vivacité d’une bombe énergétique. Connectée à son iPhone, elle nous offre un café, nous fait visiter son appartement aux murs chatoyants de couleurs, ouvert sur une ravissante cour pavée, et nous installe dans son salon. Un mur recouvert d’un miroir, des meubles exotiques, d’immenses tableaux d’artistes, des fleurs séchées et partout, des portants avec ses vestes, manteaux et sa nouvelle robe «Constance», qu’elle lance bientôt sur son site.Nous avons commencé l’interview en échangeant sur le challenge d’Instagram, devenu pour toute marque émergente le canal de communication essentiel, et pour moi un pensum, car comme toute personne née avant l’ère du portable, je déteste me mettre en scène. Capucine a beau être de la génération Insta, elle m’avoue ne pas maitriser toutes les ficelles de la communication digitale, et ne pas être à l’aise avec son image. Je m’en étonne, parce que je la trouve d’un naturel absolument désarmant, mais elle me dit que non, chacun son métier, elle aime dessiner des vêtements, pas forcément en faire la promotion devant une caméra, alors elle a décidé de se faire aider par une pro, tout simplement.

Je l’écoute avec attention, je croyais que toutes les filles de la mode avait leur iPhone greffé en mode selfie H 24 mais c’est faux. La communication sur Instagram est devenue un métier, avec ses coachs, ses plannings, ses codes de communication, ses techniques de prod et ses partenariats. Croire que tout ça est inné tient de l’utopie, et je découvre chez Capucine la première qualité d’une jeune entrepreneur, elle sait s’entourer de pros.

Pendant que Delphine shoote avec enthousiasme les objets poétiques et les vêtements de Capucine, celle-ci me raconte son histoire. Au départ, ça commence en mode cancre. Elle rate son bac, mais elle a la chance d’avoir un père qui bien qu’avocat, a compris que sa fille n’est pas faite pour les études académiques. Il l’encourage à travailler avec cette phrase inaugurale :

« On va pas s’acharner, profite de l’avantage de ton âge, bosse, ton expérience te servira plus que des études médiocres ».

Quelle chance ! J’aurais tellement aimé avoir un père qui m’encourage à être moi-même, plutôt qu’à me faire rentrer au forceps dans un moule qui n’était pas le mien…

Capucine saisit la perche sans rechigner. Elle enchaine les stages et les petits boulots, et décide de partir à Londres. Là elle rentre chez Brandy Melville, célèbre enseigne de fringues pour ados qui cartonne littéralement aux US, en Angleterre et maintenant à Paris. Elle a 23 ans, à la tête d’une équipe de vendeuses qui ont entre 18 et 20 ans qui lui racontent des craques toute la journée, mais elle adore. Elle se découvre un vrai talent de manager, de gestionnaire, et elle plonge dans l’exaltation du développement d’un business. Son anglais a progressé, bien qu’elle passe à Londres le plus clair de son temps avec des français. Son cœur d’artichaut a craqué pour un franco-libanais, elle reste une frenchie chez les roastbeef. Et c’est avec lui et 2 copains que leur vient une idée de génie. Il n’y a pas de rôtisserie à Londres, pourquoi ne pas ouvrir un resto qui sert du poulet roti ? Bingo, la bande de copains se lance, déniche un lieu dans une partie oubliée du quartier de Notting Hill, développe le concept de A à Z, déco, carte, ambiance, service, le resto Cocotte est né.

En trois ans, la petite équipe va faire un carton, parce que c’est nouveau, bon, branché, cool, le petit resto de quartier dans lequel on prend ses habitudes avec plaisir. Sushi Shop s’installe à coté, la fille de Dody Al-Fayed lance un resto vegan ultra banché en face d’eux. Le succès Cocotte va essaimer dans trois autres hot-spots londoniens. Mais alors que tout roule, un grain de sable sentimental vient bouleverser son système. Elle fait ses valises, laisse la gestion des Cocottes à ses associés et reprend l’Eurostar pour Paris.

« J’étais triste mais pas en mode serpillère – me dit-elle avec humour. Alors je me suis dit, qu’est-ce que je vais faire de tout ça ? »

L’idée s’impose à elle comme une évidence. Avec sa bande londonienne, elle avait découvert le festival Burning Man dans le désert du Nevada et ce voyage initiatique dans la cité éphémère de Black Rock City était devenu le rituel de leurs vacances estivales. Je la regarde avec des yeux ronds, je n’ai jamais entendu parler de Burning Man. Capucine m’explique.

Burning Man, c’est un festival de 7 jours fin aout qui prend la forme d’un ville éphémère dans le désert du Nevada. Créé il y plus de 30 ans par des artistes hippies de San Francisco, c’est devenu LE festival de la création artistique, un lieu où chaque participant exprime sa créativité librement, dans un esprit de partage. Une sorte d’utopie temporaire, un moment irréel, me dit Capucine avec des étoiles dans les yeux :

« On partait de Londres pour San Francisco et là on louait une caravane et c’était parti pour 16h de route. Tu dois venir avec ta création éphémère, tu coupes ton téléphone, tu campes, tu partages, tu vis la nuit, tu te déguises, tu échanges. Et au bout de 7 jours, les créations monumentales sont brulées dans un spectacle d’apothéose, on nettoie tout, et on retourne chez soi. C’est magique ».

Je suis interdite. Je ne sais pas si je pourrais vivre une semaine sous une tente par 40 degrés à servir des bloody mary, danser en tutu sous un soleil de plomb ou habiller un camion en jeu de Lego géant… mais je crois que toute expérience humaine basée sur la créativité et le plaisir de l’échange a du bon. En tout cas pour Capucine, c’est là qu’est née sa vocation. Chiner des tissus, trouver des idées fantaisistes, fabriquer un déguisement qui raconte une histoire, ça avait été son kiff.

Revenue à Paris, cette envie de créer des vêtements lui revient en boomerang. Est-ce parce qu’elle retrouve avec plaisir le chic parisien ? Est-ce que parce que sa grand-mère customisait tous ses tailleurs avec des boutons, des paillettes ou des broderies extravagantes ? Toujours est-il que Capucine a le goût du costume, mais surtout de la pièce unique qui enlève une silhouette.Consciente de ses faiblesses dans ce domaine, elle fait appel à une pro de l’identité créative et de la mode, Nadia Le Gendre, qui l’aide à définir son projet, et la forme à la création d’une collection. Elle a gardé ce travail d’une année entière dans un grimoire, un joli cahier de dessin où l’on retrouve les premières esquisses de ses vestes et des détails, les gros boutons doré à godrons, les volants, l’écharpe-cape, les paillettes, tout ce qui fait aujourd’hui le chic parisien des années 80 remixé par Martin Martin.Le trajet de Capucine est jalonné de rencontres, et si elle a créé les restaurants Cocotte avec sa bande d’amis de Londres, elle va lancer MARTIN MARTIN avec l’aide de Constance et Sylvain, ses voisins de palier de la rue de Paradis. Constance devient son amie, sa conseillère, sa bonne fée, et Sylvain le directeur artistique de sa marque. Il créé son identité graphique, son logo et il réalise tous les shootings.Constance est une pro de la mode, elle a été la directrice de la communication du talentueux créateur libanais Rabih Kairouz, elle connait par cœur l’écosystème commercial  de la mode. Elle met Capucine en contact avec un agent New Yorkais qui a le coup de foudre et place illico la collection dans son showroom. Les acheteurs de Net-à-porter débarquent la semaine suivante, craquent pour la nouvelle marque parisienne, et commandent 500 vestes.

Bergdorf et trois autres concept-stores influents embrayent, le coup est parti. On est en 2019, et toute l’année, Capucine vend ses vestes à tour de bras sur Net-à-porter qui la booste à fond. Elle vit l’euphorie des recommandes, mais la marge du distributeur qui s’additionne à une production parisienne couteuse se répercute sur le prix, 1000 € la veste. Début 2020, le nouveau réassort tombe, mais dès février, le Covid fait tout exploser.

« J’ai été prise d’un stress monstrueux, parce que chez Net-à-Porter, si 65% des stocks ne sont pas vendus, ils obligent le créateur à les racheter. Et évidemment, en période de confinement, personne n’allait s’acheter mes vestes à paillettes pour briller dans des soirées… »

Finalement, Net-à-porter qui a le même problème avec toutes les marques se résout à solder, mais cette alerte pousse Capucine  à sortir son business de cette dangereuse dépendance. Et puis elle a envie d’autre chose pour sa marque. C’est à ce moment qu’elle se dit :

« Je veux connaitre mes clientes »

« Je veux être moins chère »

« Je veux faire la même chose que ce que je faisais pour les boutiques les plus exigeantes, mais je veux le faire pour le plus grand nombre »

Forte de ce manifesto, elle consacre le début de l’année 2021 à revoir entièrement sa copie. Plus de distributeurs, un eshop dédié à la marque, le lancement en mai de sa robe mi-caftan mi-kimono baptisée « la robe Constance », une communication hyper musclée sur le digital, et des prix drastiquement repositionnés à la baisse. Ses vestes sont restées les mêmes, tissus, coupe et détails impeccables, mais le prix est passé de 1000 € à 350 €, de quoi me rendre folle de bonheur, et je ne serai pas la seule s’est sûr !

Delphine trépigne d’impatience, elle veut shooter tous les modèles sur Capucine. La séance photo commence, moi je fais tapisserie, ce qui me fait des vacances parce que comme déjà dit plus haut, le rôle de mannequin est un contre-emploi à ma nature tragi-comique.A l’inverse, Capucine est ravissante de naturel, pieds nus dans sa robe Constance en satin rouge carmin, fatale dans la version noir intense. Elle porte ses vestes sur un jean avec son élégance nonchalante, son chignon noué à la va-vite, elle joue avec la lumière dorée du soleil qui remplace avantageusement un make-up sophistiqué.En la regardant, je réalise que l’élégance est là, dans cet élan spontané qui se défie des règles, « une conscience ouverte sur soi-même » comme dit le grand écrivain espagnol Manuel Vilas, «une attitude, une façon de se tenir devant le miroir universel du temps».Le portable de Constance vibre, son attention flanche, les affaires reprennent. Son site ouvre début mai (à l’heure où j’écris ça y est !!!), elle a devant elle trois semaines de charrette pour tout boucler, le moment n’est pas à la poésie, plutôt à l’action. Je quitte Capucine à regret, moi aussi j’aurais bien aimé tout essayer, mais malheureusement, ses protos sont tous en 36 et je fais un bon 40…Mais en Mai fait ce qu’il te plait, et Mai c’est maintenant. Je suis sur le site de Martin Martin, et je me vois avec la robe Constance nude, en basket ou en talon de 12, avec ou sans make up, pour me balader ou pour une soirée, parce que  j’ai bien compris la leçon de Capucine.

L’élégance ne réside pas dans le prix de ce que l’on porte, mais dans le plaisir qu’on a de le porter.

Photos Delphine Jouandeau

Photo du shooting Selim Mouzannar AW19 Persona Editions

Share Button

L’Indian Way de Dorothée Sausset

Dans la famille des créatrices de bijoux, Dorothée Sausset appartient à la catégorie des « Aventurières » et rien que pour ça je l’admire, moi qui n’ai jamais pu m’échapper durablement hors du périphérique parisien.

Elle a roulé sa bosse dans les Caraïbes, à Cuba, en Amérique du Sud, avant de se poser définitivement en Inde pour y faire des bijoux, d’abord pour les autres, et maintenant en son nom.

J’ai repéré son compte Instagram parce que j’y ai tout de suite reconnu l’Inde, ses couleurs éclatantes, sa lumière magique, ses paysages somptueux, ses effluves de jasmin et ses lieux sacrés. Moi qui ne suis pas du tout branchée ni yoga, ni méditation, ni talisman, ni bijoux ethniques, j’ai tout de suite adoré le compte de Dorothée, parce que ses bijoux sont ravissants, mais surtout parce que tout m’apparaissait authentique, sincère, dénué de ce folklore factice qui fait le lit des gourous New Age à la mode et des créatrices qui se mettent dans ce sillage juteux. Lire la suite

Share Button

Marie Mas, Métamorphoses Merveilleuses

Écrire requiert du calme, du silence, du repli sur soi. Les écrivains sont des ermites, c’est bien connu.

Or depuis presque un mois, je vis dans le chantier de ma maison de Saint-Jean-de-Luz. C’est une expérience inédite qui perturbe ma concentration. Mon œuvre littéraire Les Précieuses s’en ressent, je peine à rédiger ce portrait de la jeune créatrice de joaillerie MARIE MAS que j’ai revue début Mars à Paris.

J’étais partie avec cette première phrase prometteuse :

Si Marie Mas est une de mes marques favorites, c’est parce que ses bijoux sont merveilleux, mais aussi parce que je l’ai vu naitre.

Là-dessus, un vrombissement effrayant m’a interrompue en plein élan, Benjamin, le plombier, a passé la tête et m’a demandé si je pouvais venir voir si la douche était bien installée.

J’ai à peine pris mon café que la pelleteuse de Ramuntxo, le VRD (Voirie et Réseaux Divers) s’est mise en marche, le jouet orange géant ramasse la terre par quintal pour boucher les trous de canalisation de la cour d’entrée. Benjamin m’annonce avec un sourire désolé que l’eau est coupée, je vais donc rester toute la matinée en pyj informe, dégueu, non-douchée… tant pis.Philippe, le charpentier m’appelle de l’autre coté pour me demander de valider les côtes de la pergola, selon lui, mon archi ne sait pas faire des plans, c’est bien connu.

A ce moment Pascal, le pisciniste arrive pour m’expliquer comment surveiller le remplissage de la piscine et prévenir Philippe que pas un clou ne doit tomber sur le liner flambant neuf. C’est pas comme ça que je vais finir d’écrire mon post.

Au milieu de tout ça, Cécilio, le maçon, n’est pas venu débarrasser les WC en plastique et les détritus qui jonchent le terrain vague qui constitue mon jardin.

Du coup, Jérôme, le jardinier, râle parce qu’il ne peut pas avancer, c’est toujours la même galère en fin de chantier, merde quand même, je suis pas éboueur, se plaint-il. Madame vous pouvez rappeler le maçon ?

J’ai mal à la tête, j’ai le sens pratique d’une huitre et l’œil d’un lémurien. Mon post a pris une semaine dans la vue, parce que suivre des travaux, en réalité, c’est vivre en kibboutz avec une équipe de mâles alpha pour lesquels ma maison est le terrain de jeux de guéguerres séculières.

Mais qui va me plaindre ? Personne, un chantier c’est un chantier, je réalise enfin le projet de toute une vie, construire mon petit paradis, c’est génial. Mais surtout, c’est sans compter mes copines qui me demandent en boucle : ils sont comment tes artisans ?

Alors à vous je le dis : j’ai un crush total pour les yeux verts de Benjamin, pour la force basque de Ramuntxo, pour le sourire ravageur de Philippe, pour le corps de rêve de Pascal, pour les biscotos héroïques de Cécilio et pour la voix de basse de Jérôme. Du matin jusqu’au soir, défile sous mon nez le catalogue de la virilité triomphante. Je ne suis pas à plaindre.

Voilà les filles pourquoi je reste sur mon chantier. Ici, c’est pas l’enfer, c’est déjà le paradis !!!

Allez, un peu de sérieux, retour sur MARIE MAS que j’aime d’amour, et que je veux vous faire découvrir.

Lire la suite

Share Button

Corinne, des poignées de portes au bijou

Vous avez déjà fait des travaux ?

C’est une expérience qui s’apparente à un trekking de 3 mois au Népal alors qu’on n’a jamais marché plus de 3 heures dans les Vosges. Avec en ligne de mire, un endroit fantasmé, le toit du monde.

Au départ c’est l’excitation de l’aventure, on démarre sur les chapeaux de roues. On pète avec une joie mauvaise les murs qui enferment des pièces minus, les vieux plafonds trop bas, les vieux carrelages dégueulasses, et on se retrouve dans un espace nouveau, clair, dégagé, plein de promesses. On se dit que la première étape est cool finalement, mais quand on fait la pose, on est dans une ruine.

Après on commence à reconstruire, mais on se fatigue, la pente est raide, c’est long, trop long. On fait une overdose de béton, on a des nausées, ça y est, on rentre dans la vallée du désespoir.

Et puis soudain, la météo tourne, le guide presse le pas, vite, vite, il faut avancer. Ça se bouscule sur le chantier, on perce, on rebouche, on met partout des fils, des câbles, des tuyaux. C’est toujours la vallée du désespoir, mais en plus, il pleut, il fait froid. Il faut choisir en un éclair des trucs avec lesquels on va passer tout le reste de sa vie, les portes, les fenêtres, les prises électriques, les robinets, la hotte, la cuisinière, les radiateurs, le frigo, les luminaires, la couleur des murs, la couleur des portes, la couleurs des fenêtres, le matériau des sols, les lavabos, les wc, les boutons de chasse d’eau, les interrupteurs, les boutons des placards, et les poignées de portes. Et là, c’est le burn-out, on a le vertige, on se dit qu’on va mourir dans la seconde et dans d’atroces souffrances.

C’est à ce stade critique, en plein mois de janvier, que j’ai reçu le mail de Corinne Darmon.

Lire la suite

Share Button

Les voyages dans le temps de Lou Woolworth

La première fois que je suis passée devant la galerie Isabelle Subra Woolworth au 51 rue de Seine, je suis tombée en arrêt devant la beauté des bijoux anciens présentés en vitrine, mais je n’ai pas poussé la porte.

J’étais pressée, et sans doute aussi, impressionnée. Les galeries de bijoux anciens m’en imposent plus que les vitrines des grandes marques de la place Vendôme. Ce monde-là exhale les privilèges aristocratiques, le prestige de la grande histoire, les secrets de familles et les mystérieux réseaux des antiquaires et des commissaires-priseurs. Un monde élitiste, un peu occulte, intimidant.

Comme souvent, le signe du ciel qui m’a permis de vaincre cette ultime (et ridicule) timidité est venu d’Instagram. Parce que les bijoux anciens, eux aussi ont fait leur révolution digitale. Depuis quelques années, si ce marché connait un regain d’intérêt, c’est en partie grâce à ce média essentiel pour les petites marques. Ce qui se cachait autrefois dans d’obscures galeries d’initiés fait aujourd’hui l’objet de magnifiques comptes Instagram qui foisonnent de bijoux hérités du passé.

Parce qu’un bijou ancien, c’est plus qu’un bijou. C’est aussi une histoire, une trace de la virtuosité d’artisanats oubliés, une source d’inspiration extraordinaire, une exquise nostalgie, et pour ceux qui les aiment, un talisman unique.

Et puis il faut le dire, ils sont doués d’un pouvoir magique. On ne choisit pas un bijou ancien, c’est lui qui vous choisit.

C’est ce qui m’est arrivé avec une bague que Lou Woolworth avait postée sur l’Instagram de la galerie.

Lire la suite

Share Button

Flavie, la vraie vie de la joaillerie

En ces temps de semi-confinement chronique, Instagram est une lucarne ouverte sur le  monde. Ça donne l’impression d’une pseudo normalité, mais comme tout pseudo, ce n’est qu’un emprunt à la réalité, qui elle, malheureusement, est en train de se vider d’une grande partie de son contenu.

Ça devient vertigineux, on se demande comment on peut émettre une telle logorrhée d’images quand au fond, on ne fait plus grand-chose de remarquable. Alors on rabâche, on radote, on dilue un ordinaire de plus en plus ordinaire, jusqu’à la nausée. On va finir par mourir noyés dans l’insignifiance. A tel point qu’en ce moment, quand je rencontre une vraie personne pour de vrai, je suis quasiment en état de transe. Il m’arrive quelque chose d’extra-ordinaire, au sens propre du terme.

C’est ce qui m’est arrivé la première semaine de janvier quand j’ai rencontré Flavie de flav_ joaillerie.

Lire la suite

Share Button

Galerie Ailleurs, le goût des belles choses selon Régis

Ça fait un bail que je cherchais un homme à interviewer, parce qu’au niveau parité dans mon blog, je ne suis pas du tout dans les clous.

Ce n’est pas de la mauvaise volonté, mais dans les bijoux et la création au sens large, je rencontre plus souvent des femmes que des hommes et je le déplore. En amitié, dans le travail, en amour ou en général, personnellement je ne pourrais pas me passer des hommes, n’en déplaise aux warriors du féminisme radical…

Je pourrais vous faire une thèse sur le féminisme que j’ai chevillé au corps depuis mes 3 ans et demi, mais c’est une autre histoire… il n’en reste pas moins que si la science est un domaine essentiellement masculin, la mode, les bijoux et la déco restent des univers où la sensibilité féminine prédomine. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’hommes.  

Alors quand Sophie Pfeffer de la marque 5 Octobre m’a parlé de Régis Godon et de sa galerie Ailleurs, j’ai sauté sur l’occasion. Un peu de testostérone dans le monde des Précieuses ça peut pas faire de mal ! Et puis les rares hommes que j’ai interviewés dans mon blog sont des figures dans le domaine du bijou et de la joaillerie, de Selim Mouzannar à André Gas en passant par Jean Grisoni et Walid Akkad. Alors je me suis dit qu’un nouveau dans la déco, c’était la pépite à ne pas manquer. Lire la suite

Share Button

Hélène & Jeanne Karpov, l’âme russe puissance 2

Qui se rappelle de ce film hilarant « Un poisson nommé Wanda » sorti en 1988 ? Une histoire de hold-up de diamants réalisé par un trio d’escrocs loufoques, avec une Jamie Lee Curtis irrésistible dans le rôle de Wanda qui se pâme quand elle entend parler italien. Si je m’en rappelle c’est parce que c’est un des films cultes de ma jeunesse, et que je suis comme Jamie-Wanda, mais moi, c’est quand j’entends parler russe que je perds les pédales.

Mon syndrome Wanda est définitivement lié à l’âme russe.

Alors quand j’ai découvert le compte de Karpov.Paris sur Instagram, la marque créée par Hélène et Jeanne Karpov, je suis tombée en arrêt.

A force de faire défiler des images sur mon iPhone, j’ai souvent l’œil qui vrille, ce qui finit par me brouiller la vue autant que le jugement. Dans cette orgie d’images, les comptes qui saturent l’œil de bijoux ont tout faux. Parce qu’ils oublient de raconter une histoire, celle qui est forcément là, en coulisses du travail créatif.

C’est cette parfaite intimité entre les images de bijoux, les gouaches d’une rare perfection, et les illustrations tirées de l’iconographie russe qui a attiré mon attention sur le compte de Karpov.Paris. Je me suis arrêtée, j’ai admiré la délicatesse des dessins, les esquisses de leurs créations ou les gouaches multicolores illustrant des pièces de haute joaillerie, et j’ai été séduite par l’univers onirique qui se dégage de leur page, on a l’impression d’entrer de plain-pied dans un conte. Et puis j’ai compris.

Les sœurs Karpov sont d’origine Russe, mon syndrome Wanda s’est réveillé brusquement d’une longue léthargie.

Lire la suite

Share Button

Camille, le style en héritage

Certains lieux sont imprégnés de souvenirs. Y remettre les pieds, c’est faire un voyage qui nous projette à la vitesse de la lumière dans notre mythologie personnelle. Et si ça nous ramène dans notre jeunesse, c’est fabuleux, l’endroit se pare pour toujours d’une aura enchantée.

C’est ce qui m’est arrivé cette matinée de septembre caniculaire où je suis partie rencontrer Camille Riboud, la nouvelle Directrice Générale des boutiques Victoire. En descendant la rue Montmartre pour la retrouver dans son appartement de la rue du Mail, j’ai été envahie par une série de flashbacks.

Le quartier de la place des Victoires agit sur moi comme un filtre nostalgique, une véritable madeleine de Proust.

Lire la suite

Share Button

Plein Soleil sur Muriel Piaser

28 Juillet.

Paris est déserté, la COVID s’est exilée sur les plages, abandonnant les cafés sans touristes, au bitume brûlant et aux feuilles roussies prématurément par les vagues de canicule.

Ça sent la fin du monde, on se demande si septembre va bien revenir en l’état dans cette foutue année 2020, c’est comme si tout était parti en vrille dans le dé-tricotage de notre quotidien. Plus de boites de nuits, plus de collé-serré social, plus de visages sans masques, plus de réunions, plus de congrès, plus de salons, plus de voyages, plus d’avion long-courrier… Faire le décompte de ce qui est mis en stand-by depuis 6 mois donne un goût bizarre à cette retraite estivale, le dernier été d’insouciance ?

Si je force le trait, c’est sans doute parce que le mois d’août à venir ne m’a jamais inspiré. Il est trop brûlant, trop vide, trop mûr, un fruit blet qui tombe de l’arbre. Je me méfie de ce retranchement massif, mon côté réfractaire sans doute…

Alors pendant ces derniers jours à Paris au cœur de l’été, j’ai pris rendez-vous avec la fille la plus pêchue du monde de la mode et du bijou, histoire de m’inoculer une forte dose d’adrénaline vitaminée pour l’été.

Muriel Piaser est une figure. Je l’ai croisée mille fois dans ma vie antérieure de créatrice de bijoux, dans les allées du salon The Box qu’elle avait créé en 2006 pour le compte de la Fédération Française du Prêt à Porter.

Lire la suite

Share Button

Caroline, Happiness house therapy

Avec l’âge, il y a beaucoup de choses qui se détériorent (la loi de la gravité est une malédiction pour le corps humain), mais il y en a une qui croit et embellit, c’est l’intuition. Ce sentiment diffus que quelque chose fonctionne ou ne fonctionne pas, une sorte de capteur intérieur des bonnes et les mauvaises ondes.

Le confinement a été un moment propice à ce type de ressenti : forcée à l’immobilité, mes antennes ont développé leur sensibilité, notamment sur les bonnes et les mauvaises ondes de ma maison.  J’ai fui ma chambre trop petite pour installer mon campement dans une pièce absolument pas aménagée mais totalement ouverte sur le jardin. Et là, sur ma petite table d’appoint et une mauvaise chaise agrémentée d’un coussin, j’ai enfin pu me concentrer sur ce que j’avais à écrire. J’étais exposée plein sud, les yeux s’échappant de mon écran d’ordinateur pour vagabonder dans la verdure ou sur la ligne d’horizon. Autant dire que cette expérience a pris tout son sens à la lumière de ma rencontre avec Caroline Watelet.

J’ai réalisé que nous faisons partie d’un tout, et que ce qui compose notre « moi » se trouve aussi dans notre environnement extérieur.

Caroline est designer d’intérieur, un métier créatif qui répond à des principes esthétiques et rationnels bien connus. Que dire de plus sur ce sujet ?

C’est quand on m’a expliqué, qu’elle soignait aussi les maisons et les appartements que j’ai tout de suite eu envie de rencontrer Caroline.

Lire la suite

Share Button

Heloïse, A la recherche des diamants taille ancienne

Certaines rencontres sont à double détente.

C’est ce qui s’est passé avec Héloïse. On s’est vues une première fois en décembre, puis je n’avais plus de photographe, puis l’hiver a été poussif, puis le covid a tout bloqué… A peine sorties du confinement, on a repris notre discussion là où on l’avait laissée il y a 6 mois !

On s’était parlées pendant le lock-down, je voyais qu’elle continuait à poster ses jolies photos de bagues en diamant taille ancienne sur l’Instagram de sa marque Héloïse & Abélard Jewelry alors que je m’étais claquemurée dans le silence.

Lire la suite

Share Button

Le French Aging selon Julie Exertier

Quand Constance m’a dit de rencontrer Julie Exertier, je l’ai crue sur parole, parce que je lui fais confiance. Il y a des gens comme ça, je suis leur avis les yeux fermés, leur instinct est en phase avec le mien.

Je travaille avec Constance et son mari Sylvain de l’agence Persona Editions depuis maintenant 3 ans, ces deux là forment un tandem de choc pour gérer la communication de marques de luxe ou life-style. Leurs antennes détectent parfaitement les nouvelles tendances, pas forcément au sens de ce qui est à la mode, mais plus de ce qui va nous toucher.

Je cherchais à interviewer une entrepreneuse créative et atypique, pas forcément dans le domaine des bijoux et Constance m’a immédiatement dit :

« Va voir Julie, elle a monté une marque de cosmétique naturelle, elle a une personnalité originale, tu verras, elle porte un message différent ! »

Lire la suite

Share Button

Only for you

Qui n’a pas rêvé de se faire-faire une robe sur-mesure ? Un costume sur-mesure ? Une crème sur mesure ? Un bijou sur-mesure ? Un parfum sur-mesure ?

Le sur-mesure est le summum du luxe.

Un privilège autrefois réservé aux aristocrates et aux grands de ce monde, mais qui a fait son come-back chez le commun des mortels après cette indigestion de produits formatés qui nous ont saturé le goût, l’odorat et la vue.

Lire la suite

Share Button

Le geste du potier selon Marion

En juin j’ai rencontré Marie Lichtenberg (les bijoux), en octobre Diane Goldstein (les kimonos) et en novembre dernier, Marion Graux (la céramique). Toutes trois se connaissent, sont amies et s’admirent.

L’admiration est un combustible fécond pour la créativité, c’est un élan formidable, une élévation de l’âme. Ce n’est pas moi qui le dit mais un grand philosophe et écrivain qui s’appelait Emile Cioran, et qui pratiquait l’admiration comme on pratique un exercice essentiel et fructueux.

Lire la suite

Share Button

Le Re-birth Spirit selon Diane

Un matin d’octobre, j’écoute la petite voix qui me susurre qu’il faut reprendre Les Précieuses. J’ai passé l’été à écrire sur un tout autre sujet, j’ai délaissé mon blog, il est là et attend qu’un ou une nouvelle invité.e vienne me raconter ce qui se cache derrière sa passion créative.

Parce que c’est ça qui m’intéresse, découvrir ce qui se trame derrière le besoin irrépressible de faire un bijou, d’écrire un livre, d’inventer une nouvelle gastronomie, de peindre le monde, d’imaginer un parfum, ce petit feu qui vous fait avancer comme un moteur mystérieux, qui donne envie de se jeter dans le vide pour le remplir de mots, de formes, de couleurs, de textures ou d’effluves, de donner un sens à cet élan pour transformer le vide en objet de désir et d’émotion.

Mon travail de l’été m’a détourné de mes fondamentaux, je souffre d’une sorte de baby-blues, la mode, les bijoux et le luxe me laissent de marbre, comme des fanfreluches accumulées après une pulsion d’achat frénétique et vaine.

Je cherche une personne qui me fasse rêver, je n’arrive décidément pas à utiliser ce blog comme une bannière publicitaire, je préfère raconter des histoires.

C’est alors que je repense à Diane.

Lire la suite

Share Button

Marie Lichtenberg, Amour toujours

Il y a des personnes qui vous font voyager au premier coup d’œil, c’est exactement le cas de Marie Lichtenberg.

J’ai été immédiatement charmée par son univers dans mes pérégrinations digitales, son Instagram est une invitation au voyage, entre broderies de scènes du Kâma-Sûtra et de jardins d’Eden, détails ravissants de tissus chamarrés, gravures anciennes de danseuses lascives et accumulations de chaines forçat ornées de gris-gris.

Lire la suite

Share Button

To be Arabe or not to be… Selon Hadia

Prénom : Hadia

Nom : Decharrière Hamzawi

Profession : Dentiste. Ecrivain. Les deux

Yeux : Bleu marine

Culture : Arabe. Française. Les deux

Un CV c’est toujours un peu réducteur, surtout quand il s’agit d’une personne aussi multiple qu’Hadia. En même temps, on pourrait y lire beaucoup de choses : Ça dit Orient et Occident, ça dit scientifique et littéraire, ça dit mariée, et si je devais rajouter une image sur ces informations basiques, je dirais aussitôt Isabelle Adjani dans le clip Pull Marine, chanson mythique écrite par Gainsbourg en 1983, quand Hadia n’était encore qu’une toute petite fille.

Lire la suite

Share Button

Amélie ou une nouvelle idée de l’art

C’est en flânant sur Instagram que j’ai découvert Amélie Maison D’art.

Je n’ai pas de culture artistique à part d’épisodiques incursions dans les musées, je n’y connais pas grand-chose, et ma seule réaction devant une œuvre d’art est mon ressenti immédiat, en gros, « j’aime » ou « j’aime pas », ce qui peut aussi se traduire par « ça me touche », ou « ça ne me touche pas ». Point barre.

Si je suis une familière des intellectuels, les artistes sont sur une autre planète que la mienne, je les vois comme des êtres hypersensibles dépourvus de sens commun, déroutants, instables et exaltés, je crois qu’ils me font un peu peur, j’en connais peu.

Mais depuis quelques temps, ma curiosité s’est éveillée à différents domaines de la création et je me suis mise à suivre sur Instagram des artistes ou des galeries dont les images correspondaient à mes aspirations esthétiques. C’est aussi venu avec la lassitude des comptes Instagram boring jusqu’à la nausée des reines du narcissisme moderne. Je ne supporte plus l’infinie succession de leurs poses lascives, de leur corps de rêve empaqueté dans des vêtements et accessoires de luxe, et leur moue boudeuses a saturé ma rétine et siphonné mon cerveau.

Lire la suite

Share Button