Couleurs boost de Laetitia Uzan

Le mois de septembre est dans mon karma personnel le mois à rebours.

A rebours de l’été, de la lumière intense, de la chaleur, et de l’odeur de plage et d’ambre solaire. Effet direct sur mon énergie, et ma concentration, qui suivent à ce moment une courbe oscillatoire aux chutes dangereusement vertigineuses.

D’ailleurs, Le Rebours, c’est un roman écrit à la fin du XIXème siècle par un certain Joris-Karl Huysmans, brillant écrivain et critique d’art. La particularité de ce roman, est qu’il ne s’y passe presque rien … à part les goûts et dégoûts d’un anti-héros excentrique et intello mais pas du tout sexy semble-t-il.

Cette année, le rebours est particulièrement pénible, les 12-15 degrés qui s’affichent au quotidien sur mon iphone et les alternances incessantes d’averses et de soleil souffreteux ont eu raison de ma santé : j’ai la toux de la dame aux camélias et la voix d’Amanda Lear.

Pour lutter contre ce rebours saisonnier, j’ai élaboré un plan d’activités multiples, qui sont sensées booster ma flamme vacillante :

  • je me suis inscrite aux 20 km de Paris du 8 octobre, ce qui m’oblige à doubler mes kilomètres de footing hebdomadaire, pour éviter l’humiliation cuisante d’un temps tout pourri ou d’une course finie à la ramasse, façon « mamie se remet à la compétition »
  • Je suis assidument les lundis du philosophe Charles Pepin au MK2, ce qui me permet de me délecter de sa verve, de jouer les groupies (j’ai un faible pour les intellectuels, ils me fascinent plus que les rocks stars, c’est là que je me rends compte que je me rapproche du 3ème âge…) et de plonger dans des sujets aussi fondamentaux que « Qu’est ce qu’une rencontre ? » ou «Comment conquérir sa liberté ?», sujets qui vont bouleverser ma vie à court terme, c’est certain.
  • Je me suis inscrite à l’école d’écriture «Les mots», pour donner un coup de fouet à ma plume avec des gens qui aiment écrire comme moi, parce que je trouve ça réjouissant de retourner à l’école.

D’ailleurs, le charmant Charles Pépin l’a confirmé dans sa conférence lundi soir : un des moyens de retrouver sa liberté, c’est de se mettre des contraintes supplémentaires sur la tête, il parait que ça favorise le hasard ; et le hasard, c’est la vie. C’est beau la philo non ?

La question du hasard et des rencontres me permet cette transition téméraire avec les bijoux.

Comme je vous le disais dans mon précédent crush, je suis tombée par hasard sur le stand de Laetitia Uzan en me baladant au dernier salon Première Classe.

J’adore ce moment ou je tombe en arrêt devant des bijoux parce que je suis irrésistiblement attirée par un univers, un détail ou une personne, sans savoir encore que les 3 vont ensemble. J’ai eu immédiatement envie de faire un post sur la nouvelle collection de Laetitita, on s’est revues dans la foulée, le mardi dès la fin du salon.

Elle m’a donné rendez-vous au musée Jacquemart André, ce qui va parfaitement avec sa personnalité charmante et romantique. On s’est retrouvées sur la terrasse du salon de thé, heureusement protégée de la cour intérieure par une bâche en plastique peu esthétique mais très efficace contre l’averse tropicale qui s’est abattue sur nous, timide réplique des furieux ouragans d’outre mer.

Puis le soleil est revenu, et on a déballé ses trésors sous une lumière magique perlée d’eau de pluie.

Laetitia a le look unique qui semble être fait spécialement pour mettre en valeur ses collections. Un sweet shirt noir brodé de fleurs, un jean délavé troué aux genoux, il y a en elle le parfait équilibre du romantisme et de la modernité, du vintage et de la bohême. Ses immenses yeux bleus lui donnent un air angélique, cette fille ressemble décidément à un tableau de Marie Laurencin, pas étonnant qu’elle m’ait donné rendez-vous dans ce musée des beaux arts.

Laetitia me raconte qu’elle est parisienne, mais qu’elle s’est exilée à Londres depuis 4 ans pour suivre son mari qui travaille là bas.

Elle a créé sa marque de bijoux il y a environ 8 ans, et elle continue son activité à partir de Londres, en faisant des sauts réguliers à Paris pour présenter ses collections et voir ses clients, tout en jonglant avec ses contraintes de jeune maman.

Elle me rappelle mes moments d’angoisse à 35 ans, moment où ma vie n’était qu’une grille mathématique de gardes d’enfants croisée avec des impératifs professionnels multiples et chronophages.

L’implacable dilemme de la jeune maman qui bosse, en cours de résolution me semble-t-il, grâce au digital et à cette nouvelle génération de filles qui assument aussi bien leur maternité que leur boulot.

Ses parents sont antiquaires, son père a toujours collectionné les bijoux antiques, les intailles romaines et les bijoux traditionnels marocains. Je vois dans ses créations que cette enfance passée à chiner des bijoux dans les souks ou les salles des ventes a forgé son sens esthétique.

Laetitia n’a jamais eu de doute concernant sa vocation. Elle a fait tout de suite son choix pour les écoles BJO et ING ou elle a appris le métier, et elle a lancé sa marque dans la foulée. Elle a commencé en faisant ses cires elle-même, un bestiaire dont elle garde le souvenir ému de la première création.

Elle fait très vite un salon, rencontre sa première cliente à Paris, la jolie boutique Baby Bouddha, pionnière du bijou de créateurs à Paris, où elle lance sa collection de joncs en galuchat et pierres précieuses. Hod By Marie et Mad Lords la suivent également, elle est aujourd’hui distribuée dans de très beaux concepts stores en Suisse, au Portugal et au Japon.

Il y a le charme de l’ancien dans ses collections, une touche de victorien, un zeste d’art déco, et surtout, un sens inné de la couleur, qui lui fait mélanger hardiment le jaune citron et le rose fushia pour créer des collectors qui sont de véritables gourmandises.

Avec Sarah, ma photographe préférée, on a passé un temps fou à tout essayer, à s’extasier sur toutes les combinaisons de couleur, guidées par Laetitia qui est la reine des mix and match. J’adore son accumulation de joncs en galuchats, mélangés à une sublime montre Buccellati en or rose, et à son fameux bracelet serpent que j’avais aussi admiré chez Hod.

Moi qui suis une indécrottable du minimal, je suis littéralement bluffée quand je rencontre une fille qui créé un style unique en associant plusieurs bijoux qui n’ont pas forcément de lien. C’est pour moi le comble de la difficulté, car le faux pas n’est jamais loin. Mais dans le cas de Laetitia, c’est juste d’une gaité explosive !

On a beaucoup parlé métier, salons, fabricants, et voyages, car Laetitia a trouvé ses fournisseurs à Jaipur et en Indonésie, deux endroits du monde qui ont gardé un vrai artisanat ancestral, et qui sont de véritables sources d’inspiration pour la couleur.

Je me suis souvenue de mes périples émerveillés à Jaipur, les couleurs intenses qui claquent sous le soleil de plomb, les palais somptueux et les marchés odorants de milles épices et de jasmin.

En ce jour clair-obscur de septembre où mon énergie bat de l’aile et où mon moral prend le chemin à rebours, j’ai adoré cette parenthèse de couleur et de poésie, et je suis repartie avec les premières pièces de ma future collection  des irrésistibles bracelets en galuchat et pierres précieuses de Laetitia.

Photos Sarah Clavelly

Joncs galuchat & pierres

 

Je suis passée au salon Première Classe vendredi dernier, et j’ai complètement craqué pour les bijoux et l’univers de la créatrice Laetitia Uzan, et en particulier pour ses joncs en Galuchat ou tissus ornés de pierres.

Cumulés au poignet comme sur celui de Laetitica, ils forment un assortiment de couleurs et de matières absolument irresistible, qui va avec toutes les folies de couleur de cette rentrée.

Moi craqué sur un assortiment rouge vif ( mon fameux fil rouge de la rentrée) et un taupe hyper chic.

Rendez vous dans mon prochain post pour découvrir la nouvelle collection de Laetitia.

Les bracelets Galuchats sont à voir absolument chez Mad Lords ou By Marie !

 

La nouvelle boutique de Myrtille Beck

Myrtille Beck est une de mes créatrices chouchoute depuis toujours.

J’ai l’impression de l’avoir connue toute jeune, je la regarde grandir, année après année, il me semble que je la couve d’un regard satisfait et protecteur et que je lui distribue largement mes bons points, comme l’institutrice le fait avec sa meilleure élève talentueuse et studieuse.

Je l’ai découverte dans sa minuscule boutique de la rue Henry Monnier, au fin fond du 9ème, une boutique qui ne payait pas de mine dans cette petite rue très en pente et un peu improbable au dessus de la place Saint Georges. L’inverse de la règle universelle du commerce qui martèle «emplacement + emplacement = règle absolue du succès».

Dans son petit coin, Myrtille a immédiatement capté une clientèle de quartier fascinée par ses créations.

Comme quoi les règles universelles du commerce ne sont pas faites pour êtres écoutées !

Il y a 4 ans, Myrtille faisait tout elle même, ses bijoux, ses recherches de pierres, le merchandising de sa boutique, l’accueil de ses clientes, son instagram, sa compta, et j’en passe. Elle a eu son bébé, et tout ça lui a fait froler le surmenage, mais elle a continué d’assurer, vaillante, à son rythme.

Il y a 2 ans, son succès a dépassé la rue Henry Monnier et le 9ème arrondissement. Son joli Instagram a été repéré par le Vogue.fr, et ses bijoux raffinés aux pierres atypiques et à la touche délicatement vintage ont séduit Stéphanie Roger, la créatrice du célèbre multimarques de bijoux White Bird, qui lui a demandé de développer une ligne exclusive pour son concept store. Tout ça sans rien chercher, sans faire de salons, sans embaucher de commercial, sans mettre le nez dehors.

Comme quoi, les règles universelles du marketing sont aussi faites pour être détournées !

Aujourd’hui, Myrtille est l’heureuse victime de son succès. Elle a embauché, elle cherche des personnes pour l’aider, et elle a déménagé dans une ravissante boutique en bas de la rue Henry Monnier, à 2 minutes de ses débuts, fidèle à son quartier, à ses clientes et à son concept de boutique-atelier où tout est fait sur place.

Je suis passée la voir jeudi, et comme d’habitude, ça fut un pur bonheur. Tout ce que fait Myrtille est délicieusement joli, raffiné, généreux, artisanal, parfait et unique.

Son univers est comme elle, simple et poétique, elle aime les couleurs un peu passées, les papiers peints fleuris, les bouquets de fleurs séchées, les minéraux et le flacon abeilles dorées qu’elle a récupéré d’un ancien parfum Guerlain.

Elle aime chiner, trouver des vieux meubles qu’elle twiste à son goût, avec son œil infaillible elle crée un univers qui n’appartient qu’à elle, où l’on se sent bien, et où ses bijoux adorables sont parfaitement mis en valeur.

Mais au delà de son talent, Myrtille a un don : elle sait tout de suite ce qui va plaire à une femme qui entre dans sa boutique. Elle doit avoir de petites antennes qui captent la sensibilité esthétique de ses clientes, car comme elle dit sans aucune fausse modestie : « Je ne me trompe jamais ». Elle aime les gens, et ne cesse de s’extasier sur la chance qu’elle a de n’avoir dans sa clientèle que des filles sympas, jolies et amoureuses !

Et c’est tant mieux, car ce que Myrtille vend le plus, ce sont les alliances et les bagues de fiançailles, ils sont par définition les bijoux les plus impliquants, parce que sauf accident, on va les porter toute une vie !!

Jeudi dernier, j’ai passé une heure à tchatcher bijoux avec Myrtille, à m’extasier devant sa jolie boutique, et à essayer toutes ses bagues de fiançailles, jumelées avec ses alliances dont la forme ondulée épouse parfaitement la pierre de la bague principale, créant un mouvement ravissant sur la main.

Entre le diamant taille rose, le diamant bleu gris givré, le saphir vert profond, et sa multitude d’alliances à la vague ondulée,  pavées ou gravées, je ne savais plus ou donner de la tête…

Ce qui est un problème, car à court terme et ni de près ni de loin, sauf erreur de ma part, je ne suis pas concernée par la question des fiançailles ni du mariage. Evènements majeurs qui dans mon cas, remontent à une période antique, voire néandertalienne, voire originelle, sorte de big bang dont le souvenir commence à s’effacer, après plusieurs milliards d’années…

Grave non ? Myrtille, à défaut de me trouver un nouveau fiancé, je crois que je vais craquer sur une de tes bagues. Le big bang n’a eu lieu qu’une seule fois, mais le plaisir, c’est pour la life, non ?

Boutique Myrtille Beck, 20 rue Henry Monnier, 75009 Paris

Photos Sarah Clavelly

Créoles Circles

Dans les rares trucs qui me font craquer cette rentrée, il y a les nouvelles créoles, toutes simples et collées à l’oreille, qui ne font pas le look « Vache qui rit », mais plutôt un effet graphique simple et élégant.

J’ai découvert récemment la marque espagnole « Sœurs » qui est absolument géniale pour toutes ces nouvelles formes de boucles d’oreilles, fines, élégantes, un peu twistées autour du lobe de l’oreille, faciles à porter, et aussi, ce qui ne gache rien, pas trop chères, en or 18k

Créoles Circle, chez Sœurs, à shopper d’urgence !

Amélie Viaene, à la recherche du pur mouvement

La dernière semaine d’aout est toujours pour moi un doux « torture-test ».

Mon cerveau est engourdi par de longues semaines d’inactivité, alors qu’il meurt d’envie d’en découdre.

Mes jambes sont habituées à de nombreux kilomètres de course, vélo ou rando dans l’immense nature et n’ont plus que le bitume parisien et les sentiers balisés du bois de Boulogne pour calmer leur ardeur.

Mon courage est aussi vivace qu’un marshmallow fondu au soleil, alors que l’horizon se remplit de dates, d’événements, réunions, projets et contraintes en tout genre.

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Shopping : Je vois rouge !

Haute Joaillerie, entre ciel et mer

J’ai atterri il y a 3 jours à l’aéroport de Biarritz, je me pose après 6 mois d’activité assez intense ponctuée de voyages.

J’ai rarement autant pris l’avion, ma carte Fréquence Plus est en passe de virer au rouge sinon au gold, je me prends pour la copine de Georges Clooney dans «  In the Air », je suis devenue une pro de la valise idéale et du passage de la sécurité zéro faute (plus de démaquillant Chanel de plus de 100 ml jetés impitoyablement à la poubelle par les mecs de la sécurité), et mon encéphalogramme reste plat en passage de turbulences, ce qui n’était pas gagné au départ… L’avion fut pendant longtemps ma phobie number 1, avec sa ribambelle de terreurs, angoisses, sueurs froides, harcèlement de personnel navigant et trousse de secours bourrée de Xanax…

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Shopping Torques

Medusa ou la fascination des tabous

Quand j’ai vu l’affiche de l’exposition Medusa partout dans Paris, une bouche sertie de rubis carmins ouverte sur un sourire de perles fines, j’ai compris qu’il s’agissait de bijoux, mais traités d’une manière plus subversive que d’habitude.

Parce que le bijou est à priori sage et convenu, rassurant et beau. Mais là, c’est la face cachée du bijou qui est sur le devant de la scène, mis à nu et décortiqué, sa face sulfureuse et profonde qui claque comme le sous titre de l’expo : bijoux et tabous.

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Mini créoles charm’s

L’été approchant, je craque complètement sur les bijoux colorés, gourmands, faciles, légers, et qu’on peut assortir au gré de ses envies à son maillot de bain, son paréo, ses claquettes, ses humeurs, ses … j’arrête là !!

J’adore les bijoux de Lovingstone, Charlotte et Céline sont deux filles charmantes qui on su créer une marque ou tout fait envie, et je craque en particulier sur ces mini créoles serties de diamants, auquelles on accroche la pampille de son choix, une goutte précieuse parmis toutes les couleurs des pierres précieuses !

Craquez sur vos lucky charm’s, à découvrir absolument sur le site de Lovingstone, dès maintenant et pour tout l’été !

Shopping émail

L’abécédaire

Cette semaine je suis passée voir Lise, la créatrice de Vanrycke, dont je vous ai déjà parlé.

Elle m’a montré sa dernière création, un abécédaire en or rose absolument ravissant, toutes les lettres de l’alphabet, sur une typo ultra pure qui lui ressemble, la lettre qui coulisse légèrement sur une chaine fine, absolument irrésistible !

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Sia Taylor, la poésie de l’infiniment tiny

Sia Taylor est une créatrice de bijoux anglaise, qui a été longtemps pour moi un mystère, une personne secrète, la seule image que j’avais d’elle était son unique portrait que je pouvais voir sur le site de White Bird.

Jamais présente dans le showroom parisien de son agent pendant les fashions weeks, jamais vue jusqu’ici dans un Trunk Show, jamais eue au téléphone quand j’avais acheté sa marque pour le compte d’une boutique de créateurs à Beyrouth, Sia restait pour moi comme un personnage éthéré, une sorte d’héroïne paradoxale à la Jane Austen, discrète et silencieuse, et pourtant douée d’un talent fou !

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Le bracelet-bague vintage

crush BracBague

Quand Poiray a sorti son modèle de bracelet qui se transforme en bague fin 2015, c’était pour célébrer les 30 ans du modèle.

J’ai trouvé ça tiré par les cheveux, je trouvais qu’il y a un coté gadget à imaginer un bijou qui ait plusieurs usages. Pour moi un bijou est unique et c’est presque un sacrilège de le transformer en quelque chose d’autre !

Pourtant, en revoyant ce système sur un modèle délibérément vintage, trouvé sur le site ICYMI de Tiphaine, j’ai changé d’avis !

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Lucky charms

Les designers archéologues

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J’ai beaucoup parlé dans mon précédent post de la valeur intrinsèque des diamants.

Aujourd’hui, je vais vous parler de la valeur que le temps apporte aux choses.

Pas aux humains, aux choses.

Parce que si le temps nous donne des rides, le galbe mou et le cheveux blanc, il donne à certains objets une patine, un lustre, une histoire, et une valeur symbolique exceptionnelle.

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