Isabelle, le femme qui murmurait à l’oreille des designers & des artisans

La première fois qu’on m’a parlé d’Isabelle Dubern- Mallevays, c’était il y a un an. J’ai regardé le compte de The Invisible collection, et j’ai répondu  :

Pas pour moi !

– Mais pourquoi ? s’était étonnée Delphine.

Trop design, trop luxe, trop pointu, avais-je rétorqué.

Puis en décembre dernier, quand Vincent, mon attaché de presse préféré m’a appelé et m’a dit de ce ton sans appel– « Tu dois ab-so-lu-ment faire le portrait d’Isabelle », j’ai buggé.

Je n’y connais rien en art, ni en design, même si j’ai raconté Amélie maison d’art et la galerie Ailleurs dans les Précieuses, mais leurs univers m’étaient plus familiers. Pour le reste, je suis une ignare et sortir de ma compétence, la joaillerie, pour mettre le pied dans une autre constellation de l’univers du luxe, quelle imposture ! Mais Vincent ne m’a pas donné le choix, – « Rendez-vous demain à 15h à l’hôtel Château Voltaire, je compte sur toi  » et il a tout bonnement raccroché, Vincent est un terroriste des RP.

Le lendemain, j’avais parcouru le site The Invisible Collection, et j’étais encore plus stressée. En 6 ans, Isabelle et ses associées, Anna Zaoui, la co-fondatrice, et Lili Froehlicher, leur jeune Général Manager ont construit un site luxueux qui édite du mobilier de designers et d’artisans.

Une sélection ultra pointue, une image inspirante, une offre solide et des valeurs clés, exigence, écologie, passion, culture et société. The Invisible Collection est au mobilier ce que net-a-porter est à la mode et la joaillerie depuis deux décennies, un site marchand qui dément que l’intimité du luxe serait incompatible avec le digital, autant dire une prouesse.

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2022, une page blanche

En 2022, adieu les miasmes, et vive l’enthousiasme !

La passé s’efface, l’année commence par une page blanche, un mouvement, un élan.

Les Précieuses ont fait un cycle de 7 ans, 7 ans de bijoux, de rencontres et de créations, je les prends aujourd’hui par la main avec l’envie d’élargir l’horizon.

Les bijoux resteront le fil conducteur que je tisse avec les créateurs, l’objet le plus intime et le plus vivant de la création. Ils mettent en scène une relation triangulaire, la personne qui les créé, la personne qui les porte, et la personne qui les admire. Inverse à l’éphémère, ils peuvent durer des siècles, se transmettre, et renaitre. Ils sont la métaphore des cycles de vie.

Je me suis rendue compte, au fil du temps, que partout où il y a de la création, se cache une aventure.
Ma curiosité me pousse au delà du bijou, art, mode, littérature, déco, partout où on se demande, mais quelle est donc la genèse de l’idée ??
Tout commence par une personne, une histoire, une page blanche, un élan, c’est ce mouvement que je veux raconter.

Ce n’est pas un hasard si je commence ce nouveau cycle par Isabelle Dubern , co-fondatrice avec Anna Zaoui du site The Invisible Collection.

Esthète, littéraire et business partner d’artistes et artisans, Isabelle est le lien entre le monde de la joaillerie que je connais bien, et celui de l’art et de la décoration que je connais mal.

En route vers Les Précieuses nouvelle version, stay ready to read, very soon !!! l

Photo Delphine Jouandeau

Un siècle de Buccellati

Passer la porte de la boutique Buccellati au 239 de la rue Saint Honoré, c’est entrer dans le temple de la marque mythique de joaillerie Milanaise.

Pour la plupart des jeunes créateurs dont je parle dans Les Précieuses, Buccellati est une marque vénérée dont l’âme créative inspirée de la renaissance italienne brille d’un éclat perpétuel. Une performance dans un domaine où l’oubli succède souvent aux engouements,  la flamme de Buccellati est aussi vivace que celle des tableaux de Botticceli, son jumeau artistique italien.

Pour tous, à l’unanimité, Buccellati est un modèle de beauté, d’harmonie et d’excellence artisanale, une source d’inspiration perpétuelle.

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DFLY, à la poursuite du diamant clair

J’ai écrit mon premier post sur les bijoux éthiques en juin 2016.

Depuis, on a tous pris cinq ans dans la vue, on a remplacé le cinéma par Netflix, le bureau par Zoom et la TV par Instagram. Une touffe de cheveux blancs a colonisé le sommet de mon crâne, mon budget rajeunissement du corps et de l’âme a quintuplé, et les marques qui défendent une joaillerie éthique rencontrent un tel succès auprès des milléniums qu’elles imposent un bouleversement radical des filières traditionnelles de l’or et du diamant.  

Pour nous les humains, cinq ans c’est pas rien. C’est le temps qu’il faut pour passer de l’ado boutonneuse à la belle plante sexy, alors qu’il ne faut que quelques semaines à la chrysalide pour devenir papillon, mais environ 2,5 milliard d’années pour qu’un diamant géologique remonte jusqu’à la surface de la terre.

Au cours de ces cinq ans, en ce qui concerne les diamants, ce n’est pas d’une révolution dont il faut parler, c’est d’un big bang. Parce que les découvertes scientifiques des dernières décennies ont abouti à une performance industrielle fabuleuse, tout aussi improbable pour nos cerveaux modernes que la révolution copernicienne du XVIème siècle par ses contemporains. C’est un changement de paradigme qui met à mal mes représentations du monde de la joaillerie.

On m’aurait dit il y a encore cinq ans qu’on allait désormais mettre deux mois pour cristalliser un diamant à partir d’un mini bout de carbone mis sous pression et haute température dans un four, j’aurais crié à l’imposture, aussi surement que le sceptique cri au fou devant la promesse d’une machine à remonter le temps ou de la transmutation du plomb en or. Et pourtant…Tout a commencé il y a un an, avec un premier appel de Philippe Airaud pour me parler de DFLY.

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La joaillerie solaire de Salomé Rico

J’ai rencontré Salomé Rico un beau jour de septembre, dans sa jolie maison de Montreuil aux couleurs d’un Riad marocain, autant dire il y a un siècle. Un flashback salutaire dans l’été indien en ce weekend de Toussaint gris-bouille.

Entre temps j’ai bouclé un cycle, ce qui m’a pris du temps. J’ai écrit la biographie d’une étoile du grand monde. Je me suis régalée, j’adore jouer les Colombos pour enquêter sur le parcours de personnalités d’exception. Apporter une note romanesque à un personnage réel c’est mon kif, c’est ce qui me donne l’impression de vivre d’autres vies que la mienne, un privilège qui vaut mille fois ce temps passé à écrire.

Ce qui se termine est nécessaire à la naissance de quelque chose de nouveau, dixit Rose, ma prof de Yoga à laquelle j’ai confié depuis peu le salut de mon corps et de mon esprit. Je me réjouis donc d’attaquer la novembrite avec Salomé, créatrice de bijoux pétillante à l’énergie solaire.

Tout dans l’univers de Salomé avait attiré mon attention. En premier lieu son prénom mythique qui la prédestine à une passion immodérée pour les bijoux, la Salomé Dansant de la bible et de Gustave Moreau, c’est quand même un atavisme un peu plus classe que la Sylvie Vartan au blond platine des années yéyé, ou la Sylvie Jolie à la gouaille de poissonnière des années 70, merci papa-merci maman…

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L’irrésistible folie douce de Florence Nérisson

C’est l’été… Pour la plupart du monde, la seule préoccupation, c’est de se faire bronzer les fesses et de picorer des tapas avec un verre de rosé devant le soleil couchant.

Mais il y a les autres, ceux qui bossent.

Par obligation : les saisonniers, médecins, sauveteurs, guides, hôteliers et restaurateurs au service des touristes tout l’été.

Par vocation : les sportifs qui se produisent au JO.

Et par aspiration : les écrivains et les artistes qui ne se lèvent le matin que pour assouvir leur soif de création.

J’ai une grande admiration pour cette troisième catégorie à laquelle je rêve d’appartenir, ambition perturbée par mon inclinaison aux plaisirs primaires de la vie, fesses bronzées, rosé, tapas…

Florence Nérisson fait partie de ces artistes que les vacances n’intéressent absolument pas.

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Le renouveau de la Saga Mellerio

La relation que j’entretiens avec les marques est finalement assez proche d’une relation humaine.

Certaines me laissent totalement indifférente (je ne les calcule pas), d’autres me hérissent (je ne les citerai pas), et puis il y a celles qui m’attirent (j’ai envie d’en parler donc de les acheter).

Et je ne suis pas la seule n’est-ce pas ? Certes, « l’amour n’est pas à vendre », mais à l’inverse, pour acheter un produit, il faut d’abord… l’aimer. D’ailleurs plus il est cher, plus le niveau d’amour doit s’intensifier d’un cran. Qui n’a pas dit en parlant d’une fringue ou d’un bijou « je l’adooore !!! » ?

C’est sans doute du fait de cette relation affective que j’ai délaissé le marketing pour me consacrer au récit de l’histoire des marques, qui se confond bien souvent avec celle de leur créateur. Alors quand il s’agit d’une marque qui a traversé les siècles, ce n’est plus dans une histoire mais dans une saga qu’il faut se plonger.

Mellerio dits Meller fait partie de ces marques qui me fascinent parce que leur histoire se confond avec la grande Histoire, et si je l’observe depuis un moment, c’est aussi parce qu’elle me fait penser à celle du grand parfumeur Guerlain pour lequel j’ai travaillé au début des années 2000.

Une histoire qui traverse les siècles et qui prend racine Rue de la Paix, le quartier « branché » sous Napoléon III dont la plus grande influenceuse fut l’impératrice Eugénie, ce qui a quand même plus de classe que les Kardashian. Lire la suite

La bague Nuvola Ruby de Pomellato

Les nouveaux rubis du Groeland au sourcing estampillés ethiques vont-ils remplacer les célèbres rubis de Mogok, la vallée précieuse de Birmanie si chère à Joseph Kessel ? 

Il faut lire son livre « La vallée des rubis » pour comprendre que ce lieu est mythique, mais hélas aujourd’hui vidé de ses ressources.

La marque Pomellato s’est lancée dans une profonde transformation de son mode de sourcing et de production, et revendique aujoud’hui son engagement dans le développement durable. Cette série limitée de la bague Nuvola n’est pas disponible en boutique, il faut la commander pour la voir, parce que ce qui est exceptionnellement beau est aussi exceptionnellement rare.

Une forme elliptique, organique, fluide, qui joue sur une asymétrie à peine perceptible mais intensément charnelle, la signature unique de Pomellato est dans la bague Nuvola Ruby.

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Martin Martin, le chic remix selon Capucine

Si la mode reste pour moi un domaine désirable, c’est parce que je n’ai jamais réussi à en faire un métier pour en percer les mystères. Du haut de mon 1m73, j’ai bien tenté une carrière de top model autour de mes 20 ans, mais mon rêve s’est heurté à la dure réalité d’un nez trop grand, d’une oreille mal finie, d’un IMC non conforme et d’une démarche dégingandée digne d’Olive, la femme « à Popeye ».  

J’ai remballé mes rêves de grandeur après quelques petits jobs de mannequin-cabine au salon du prêt-à-porter pour des marques du sentier, job rémunérateur mais totalement dévastateur pour mon égo. Et j’ai remisé la mode au rang d’archétype de la perfection, inaccessible, réservé aux déesses de la hype. Lire la suite

L’Indian Way de Dorothée Sausset

Dans la famille des créatrices de bijoux, Dorothée Sausset appartient à la catégorie des « Aventurières » et rien que pour ça je l’admire, moi qui n’ai jamais pu m’échapper durablement hors du périphérique parisien.

Elle a roulé sa bosse dans les Caraïbes, à Cuba, en Amérique du Sud, avant de se poser définitivement en Inde pour y faire des bijoux, d’abord pour les autres, et maintenant en son nom.

J’ai repéré son compte Instagram parce que j’y ai tout de suite reconnu l’Inde, ses couleurs éclatantes, sa lumière magique, ses paysages somptueux, ses effluves de jasmin et ses lieux sacrés. Moi qui ne suis pas du tout branchée ni yoga, ni méditation, ni talisman, ni bijoux ethniques, j’ai tout de suite adoré le compte de Dorothée, parce que ses bijoux sont ravissants, mais surtout parce que tout m’apparaissait authentique, sincère, dénué de ce folklore factice qui fait le lit des gourous New Age à la mode et des créatrices qui se mettent dans ce sillage juteux. Lire la suite

Marie Mas, Métamorphoses Merveilleuses

Écrire requiert du calme, du silence, du repli sur soi. Les écrivains sont des ermites, c’est bien connu.

Or depuis presque un mois, je vis dans le chantier de ma maison de Saint-Jean-de-Luz. C’est une expérience inédite qui perturbe ma concentration. Mon œuvre littéraire Les Précieuses s’en ressent, je peine à rédiger ce portrait de la jeune créatrice de joaillerie MARIE MAS que j’ai revue début Mars à Paris.

J’étais partie avec cette première phrase prometteuse :

Si Marie Mas est une de mes marques favorites, c’est parce que ses bijoux sont merveilleux, mais aussi parce que je l’ai vu naitre.

Là-dessus, un vrombissement effrayant m’a interrompue en plein élan, Benjamin, le plombier, a passé la tête et m’a demandé si je pouvais venir voir si la douche était bien installée.

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Corinne, des poignées de portes au bijou

Vous avez déjà fait des travaux ?

C’est une expérience qui s’apparente à un trekking de 3 mois au Népal alors qu’on n’a jamais marché plus de 3 heures dans les Vosges. Avec en ligne de mire, un endroit fantasmé, le toit du monde.

Au départ c’est l’excitation de l’aventure, on démarre sur les chapeaux de roues. On pète avec une joie mauvaise les murs qui enferment des pièces minus, les vieux plafonds trop bas, les vieux carrelages dégueulasses, et on se retrouve dans un espace nouveau, clair, dégagé, plein de promesses. On se dit que la première étape est cool finalement, mais quand on fait la pose, on est dans une ruine.

Après on commence à reconstruire, mais on se fatigue, la pente est raide, c’est long, trop long. On fait une overdose de béton, on a des nausées, ça y est, on rentre dans la vallée du désespoir.

Et puis soudain, la météo tourne, le guide presse le pas, vite, vite, il faut avancer. Ça se bouscule sur le chantier, on perce, on rebouche, on met partout des fils, des câbles, des tuyaux. C’est toujours la vallée du désespoir, mais en plus, il pleut, il fait froid. Il faut choisir en un éclair des trucs avec lesquels on va passer tout le reste de sa vie, les portes, les fenêtres, les prises électriques, les robinets, la hotte, la cuisinière, les radiateurs, le frigo, les luminaires, la couleur des murs, la couleur des portes, la couleurs des fenêtres, le matériau des sols, les lavabos, les wc, les boutons de chasse d’eau, les interrupteurs, les boutons des placards, et les poignées de portes. Et là, c’est le burn-out, on a le vertige, on se dit qu’on va mourir dans la seconde et dans d’atroces souffrances.

C’est à ce stade critique, en plein mois de janvier, que j’ai reçu le mail de Corinne Darmon.

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Les voyages dans le temps de Lou Woolworth

La première fois que je suis passée devant la galerie Isabelle Subra Woolworth au 51 rue de Seine, je suis tombée en arrêt devant la beauté des bijoux anciens présentés en vitrine, mais je n’ai pas poussé la porte.

J’étais pressée, et sans doute aussi, impressionnée. Les galeries de bijoux anciens m’en imposent plus que les vitrines des grandes marques de la place Vendôme. Ce monde-là exhale les privilèges aristocratiques, le prestige de la grande histoire, les secrets de familles et les mystérieux réseaux des antiquaires et des commissaires-priseurs. Un monde élitiste, un peu occulte, intimidant.

Comme souvent, le signe du ciel qui m’a permis de vaincre cette ultime (et ridicule) timidité est venu d’Instagram. Parce que les bijoux anciens, eux aussi ont fait leur révolution digitale. Depuis quelques années, si ce marché connait un regain d’intérêt, c’est en partie grâce à ce média essentiel pour les petites marques. Ce qui se cachait autrefois dans d’obscures galeries d’initiés fait aujourd’hui l’objet de magnifiques comptes Instagram qui foisonnent de bijoux hérités du passé.

Parce qu’un bijou ancien, c’est plus qu’un bijou. C’est aussi une histoire, une trace de la virtuosité d’artisanats oubliés, une source d’inspiration extraordinaire, une exquise nostalgie, et pour ceux qui les aiment, un talisman unique.

Et puis il faut le dire, ils sont doués d’un pouvoir magique. On ne choisit pas un bijou ancien, c’est lui qui vous choisit.

C’est ce qui m’est arrivé avec une bague que Lou Woolworth avait postée sur l’Instagram de la galerie.

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Flavie, la vraie vie de la joaillerie

En ces temps de semi-confinement chronique, Instagram est une lucarne ouverte sur le  monde. Ça donne l’impression d’une pseudo normalité, mais comme tout pseudo, ce n’est qu’un emprunt à la réalité, qui elle, malheureusement, est en train de se vider d’une grande partie de son contenu.

Ça devient vertigineux, on se demande comment on peut émettre une telle logorrhée d’images quand au fond, on ne fait plus grand-chose de remarquable. Alors on rabâche, on radote, on dilue un ordinaire de plus en plus ordinaire, jusqu’à la nausée. On va finir par mourir noyés dans l’insignifiance. A tel point qu’en ce moment, quand je rencontre une vraie personne pour de vrai, je suis quasiment en état de transe. Il m’arrive quelque chose d’extra-ordinaire, au sens propre du terme.

C’est ce qui m’est arrivé la première semaine de janvier quand j’ai rencontré Flavie de flav_ joaillerie.

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La beauté, etc…

La beauté, c’est l’alpha et l’oméga des discussions avec mes copines, le marronnier des journaux féminins et des siècles de quête d’un Graal qui se joue de nos fantasmes. Bref, c’est un sujet qui touche au cerveau néandertalien de la moitié de l’humanité.

Ça faisait un moment que je voulais en parler, mais j’hésitais à faire une incursion sur le terrain de Sophie Davant, son positionnement de  « vieille jeune » / « jeune vieille » pythie de la beauté est indétrônable.

 Et puis mon rayon c’est plutôt les bijoux.

Oui mais en même temps, on n’est pas loin. Parce que quand on parle de bijoux, on parle aussi de beauté, on parle de peau, d’intimité et de séduction. Et dans les bijoux, j’ai rencontré plein de femmes magnifiques, de vraies beautés, de toutes sortes. Parce que c’est justement ça que j’aime dans la beauté, c’est sa diversité, mais aussi ses paradoxes.

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L’année du serpent

Autant j’ai les serpents en horreur dans la vraie vie, autant je les vénère quand ils sont coulés dans l’or ou l’argent et sertis de pierres précieuses.

En cela je rejoins Cléopâtre et Liz Taylor, toutes proportions gardées.

Pourquoi est-ce que choisis un serpent pour clore cette foutue année 2020 ?

Parce que cette foutue année nous a confronté à nos peurs et a questionné nos désirs. Et que dans cette dialectique de la peur et du désir, dans cette oscillation entre la perte de notre tranquillité et la réminiscence de nos aspirations passées, il s’est opéré une translation, un mouvement, une mutation (pas celle du virus ! La nôtre !) qui doit ressembler à la mue… du serpent 🐍

Voilà mes serpents préférés :

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Galerie Ailleurs, le goût des belles choses selon Régis

Ça fait un bail que je cherchais un homme à interviewer, parce qu’au niveau parité dans mon blog, je ne suis pas du tout dans les clous.

Ce n’est pas de la mauvaise volonté, mais dans les bijoux et la création au sens large, je rencontre plus souvent des femmes que des hommes et je le déplore. En amitié, dans le travail, en amour ou en général, personnellement je ne pourrais pas me passer des hommes, n’en déplaise aux warriors du féminisme radical…

Je pourrais vous faire une thèse sur le féminisme que j’ai chevillé au corps depuis mes 3 ans et demi, mais c’est une autre histoire… il n’en reste pas moins que si la science est un domaine essentiellement masculin, la mode, les bijoux et la déco restent des univers où la sensibilité féminine prédomine. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’hommes.  

Alors quand Sophie Pfeffer de la marque 5 Octobre m’a parlé de Régis Godon et de sa galerie Ailleurs, j’ai sauté sur l’occasion. Un peu de testostérone dans le monde des Précieuses ça peut pas faire de mal ! Et puis les rares hommes que j’ai interviewés dans mon blog sont des figures dans le domaine du bijou et de la joaillerie, de Selim Mouzannar à André Gas en passant par Jean Grisoni et Walid Akkad. Alors je me suis dit qu’un nouveau dans la déco, c’était la pépite à ne pas manquer. Lire la suite

Hélène & Jeanne Karpov, l’âme russe puissance 2

Qui se rappelle de ce film hilarant « Un poisson nommé Wanda » sorti en 1988 ? Une histoire de hold-up de diamants réalisé par un trio d’escrocs loufoques, avec une Jamie Lee Curtis irrésistible dans le rôle de Wanda qui se pâme quand elle entend parler italien. Si je m’en rappelle c’est parce que c’est un des films cultes de ma jeunesse, et que je suis comme Jamie-Wanda, mais moi, c’est quand j’entends parler russe que je perds les pédales.

Mon syndrome Wanda est définitivement lié à l’âme russe.

Alors quand j’ai découvert le compte de Karpov.Paris sur Instagram, la marque créée par Hélène et Jeanne Karpov, je suis tombée en arrêt.

A force de faire défiler des images sur mon iPhone, j’ai souvent l’œil qui vrille, ce qui finit par me brouiller la vue autant que le jugement. Dans cette orgie d’images, les comptes qui saturent l’œil de bijoux ont tout faux. Parce qu’ils oublient de raconter une histoire, celle qui est forcément là, en coulisses du travail créatif.

C’est cette parfaite intimité entre les images de bijoux, les gouaches d’une rare perfection, et les illustrations tirées de l’iconographie russe qui a attiré mon attention sur le compte de Karpov.Paris. Je me suis arrêtée, j’ai admiré la délicatesse des dessins, les esquisses de leurs créations ou les gouaches multicolores illustrant des pièces de haute joaillerie, et j’ai été séduite par l’univers onirique qui se dégage de leur page, on a l’impression d’entrer de plain-pied dans un conte. Et puis j’ai compris.

Les sœurs Karpov sont d’origine Russe, mon syndrome Wanda s’est réveillé brusquement d’une longue léthargie.

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