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Category PORTRAIT
Violette Joaillerie : Plongée Marine et Tourmaline

« Petite, Violette avait peur du monde sous-marin.  Aujourd’hui, elle le met en majesté grâce à cette plongée dans l’eau profonde des pierres précieuses. »

Elle a le nom d’une fleur des bois mais c’est la magie des fonds marins qui la fascine depuis toujours.

Marseillaise de cœur et voyageuse impénitente, Violette se ressource au bord de cette Méditerranée indigo qui étincelle sur le blanc des calanques.

Son œil s’est formé dans cette lumière intense.

Elle aime les couleurs franches, les tons sur ton, la transparence, l’apesanteur, l’ondulation aquatique, mais surtout, le merveilleux monde marin qu’elle a découvert en plongeant quotidiennement dans ses eaux cristallines au très célèbre « Cercle des nageurs » marseillais.

Petite, elle avait un peu peur de ce monde caché. Aujourd’hui, non seulement elle l’a apprivoisé, mais surtout, elle l’a réinterprété à sa façon grâce à cette plongée dans l’eau profonde des aigues-marines et des tourmalines qu’elle taille sous forme d’amulettes précieuses irrésistibles.

 
 

Une faune marine enchantée

Poulpe gouailleur, poisson joyeux, coquillage facétieux, hippocampe charmeur, la faune multicolore de Violette Joaillerie m’a fait de l’œil dès ses débuts sur Instagram. Quand Violette m’a contactée pendant la fashion week de février 2023, j’avais pris rendez-vous sur-le-champ.

Il a suffi qu’elle déballe ses trésors marins sur la table du Rose Bakery du Bon Marché pour que je rentre en transe. Impossible de refuser les avances du poulpe de Violette Joaillerie, aussi attachant que son double célèbre du documentaire de Netflix ! 

Sa transparence gracieuse y est pour beaucoup, mais l’accent chantant et la verve de sa créatrice emportent la mise. Parler avec cette jolie brune pétillante est aussi revigorant qu’une plongée dans l’eau fraîche des calanques marseillaises.

Un destin joaillier

J’avais décidé que Violette deviendrait grande dans le monde de la joaillerie, et en bonne fée qui se rengorge de voir son sortilège se réaliser, j’ai été ravie d’assister à son entrée triomphale chez By Marie il y a un an, au Bon Marché depuis un mois, et très bientôt chez White Bird. Bingo, Violette !

J’ai pris un direct Biarritz-Marseille le 14 mai pour retrouver Violette chez elle, là où elle est née (dans une famille  d’origine arménienne qui, fait rarissime, n’a jamais fait un bijou), où elle a grandi (la seule nulle en maths de la famille…), fait ses études (chez Eurome(r)d, la meilleure école de commerce de Marseille, ahaha !), ouvert le premier chapitre de sa vie professionnelle (le parcours du cadre combattant chez CMA CGM), dans la ville où est née sa vocation joaillière.

Un voyage inspirant

Du pays Basque à la Canebière, il y a un monde qui ne se résume pas qu’à la météo. Le prix exhorbitant du taxi, le débit volubile du chauffeur et sa conduite Mad-Max-ienne sur la rocade du vieux port me mettent de plain-pied dans l’ambiance. Un message de Violette me propose d’emblée un choix cornélien pour ce soir, resto branché ou tranquille ? Violette a tranché pour moi, on ira au Tuba !

J’ai à peine le temps de m’extasier sur la déco de sa ravissante maison du 8e qui jouxte celle du professeur Raoult (je suis bien à Marseille…) et sur Rostand (non pas Edmond mais son chien géant façon Baskerville) que nous voilà déjà reparties dans sa Smart vers les Goudes.

Terrasse à même la roche face au soleil couchant, clientèle rutilante, serveurs dignes d’un casting du Parrain, poissons et crustacés au menu. Violette me glisse, entre deux gorgées de Pouilly-Fuissé :

« J’adore le soleil, j’adore la mer, j’adore le sud ! Quand il n’y a pas de soleil, je déprime ! »

Entre deux mondes

Et pourtant, pendant toute la soirée, Violette me raconte sa nouvelle vie entre Marseille, Jaipur et Paris, et l’attraction qu’exerce sur elle la capitale.

Malgré sa grisaille légendaire, Paname n’en reste pas moins l’épicentre de la joaillerie créative, la ville qui lui offre ses premiers succès. La nuit est tombée sur les Goudes et je sais déjà tout de l’épopée de Violette. 

Mais le récit officiel commence vraiment le lendemain matin dans sa jolie maison de ville, un jour exceptionnellement gris et pluvieux qui semble dire à Violette :

« Tu vois comment c’est tous les jours à Paris, s’il te plaît reste ici !!! »

Les signes du destin

Le destin de Violette est parsemé de signes, cailloux du Petit Poucet qui la guident sur le chemin des pierres précieuses de ses rêves.

Le premier date de sa première expérience professionnelle dans la plus grande société de fret maritime internationale basée à Marseille, CMA CGM, où elle est en charge de la ligne Inde – USA.

Si Violette a déjà les bijoux en tête, il faut bien gagner sa vie.

De son récit hilarant façon baptême du feu, je retiens la neutralisation de son boss dictateur et la mise au pas d’une clique de jeunes loups HP . Violette se découvre là une âme de guerrière mais surtout, elle y déniche son premier contact en Inde, appelons-le Ali, premier chaînon d’une série de négociants en pierres aux promesses fabuleuses et aux prix vertigineux.

Son job de cadre n’est qu’une couverture, en réalité, elle économise et couve son projet joaillier.

Le deuxième signe sur sa route est sa rencontre avec ses deux mentors marseillais, les artisans joailliers Sebouh et Aurélie.

Elle se forme au métier, réalise ses premières créations (sa chevalière) et se renseigne sur la réglementation sur le négoce des métaux précieux.

La révélation de Jaipur

À la sortie du COVID à l’automne 2020, elle démissionne et prend son billet pour Jaipur. Sa vision est cristalline :

« Je voulais faire des pièces uniques en pierres précieuses, de petites sculptures artisanales, évoquant le monde marin. »

L’épopée de Violette à Jaipur ressemble à la mienne et à celle de nombreuses créatrices en herbe passées par la capitale indienne de la taille et du négoce en pierres précieuses. Extase devant la beauté de la culture et de l’artisanat local, rencontres émerveillées avec les personnalités charismatiques de la communauté française, arnaques nombreuses et déconvenues en tout genre. L’Indien est roublard et la créatrice néophyte une proie facile…

Violette va mettre deux ans pour percer à jour les mystères du négoce des pierres précieuses et notamment de la tourmaline, sa pierre préférée, avec son monde magnétique et ses couleurs infinies.

Elle réalise très vite que son premier fournisseur revend sa première création, le poisson, à d’autres créatrices et que le rapport qualité-prix n’est pas celui qu’elle attend.

Et elle comprend aussi la valeur « temps » en Inde. Quinze jours sur place, c’est le temps d’une touriste, pas celui d’une créatrice qui veut fonder sa marque.

À la recherche de l’authenticité

Elle décide de partir six mois, loue un appartement sur place. C’est ainsi qu’elle comprend qu’elle doit partir sur la trace du brut, le caillou originel des gemmes les plus étincelantes. Parce que si Jaipur est la capitale du négoce des pierres taillées, Bangkok est la capitale du brut.

C’est là qu’elle trouve le troisième signe sur sa route, il s’appelle Habib, un Indien négociant et lapidaire qui va tout lui apprendre des mystères du brut.

« Je voyais des Indiens venir chez lui acheter une fortune d’énormes cailloux opaques pour les rapporter à Jaipur et les débiter en petits morceaux. J’ai compris que mes fournisseurs me vendaient les rebuts. Habib m’a appris comment observer une pierre et en tirer le meilleur. »

J’observe son poisson multicolore et translucide en tourmaline watermelon et je lui demande si elle commence par un dessin.

« Pas du tout ! Je regarde la pierre, et en fonction de sa taille et de sa couleur, je décide comment sera le poisson. Finalement, c’est la pierre qui décide du dessin, ou sera la tête et ou sera la queue ! »

Violette

La magie de la création

C’est là qu’on touche à la magie du travail du lapidaire en général et de Violette en particulier.

Plonger dans l’eau de la pierre, savoir l’observer et décoder ses mystères, c’est ce talent qui permet à l’artisan d’en tirer le meilleur.

Violette dégaine fièrement son iPhone et me montre la main habile de l’artisan en train de tailler le bijou directement dans le brut. C’est périlleux et fascinant, Violette m’explique que les outils peuvent trancher une main en un rien de temps, aucun droit à l’erreur !

« Tu comprends maintenant pourquoi je vis six mois à Jaipur ? Chaque pièce est unique et prend un temps fou. »

J’essaye le poulpe qui me fait de l’œil, les poissons watermelons à croquer, les bébés trèfles à la bélière ton sur ton pour White Bird, je veux tout !

Entre Jaipur et Paris

Violette me raconte Jaipur, la ville mythique des pierres dans laquelle elle voit passer tout un monde. Elle y aime sa nouvelle famille, son appartement et les heures qu’elle passe avec son lapidaire à tailler ses pierres. Mais son cœur oscille avec Paris où elle a lancé ses collections.

Et alors qu’on immortalise ses coquillages et crustacés, Violette me raconte sa dernière épopée, l’installation de son pop-up au Bon Marché.

Ça parle d’une collab avec son amie la talentueuse designer Victoire de Brantes, du plus bel atelier de broderie de Jaipur, d’un drapé raté, de plusieurs nuits blanches, et au final, d’un sublimissime poulpe brodé qui nous fait de l’œil dans ses vitrines du Bon Marché.

Violette est aujourd’hui au Bon Marché comme un poisson dans l’eau, elle y reçoit d’ailleurs ce soir sa clientèle de fans parisiennes autour d’un verre. Au programme ? Poissons, coquillages et crustacés !

 La jeune marseillaise qui avait peur des fonds marins s’est métamorphosée en trublion de la joaillerie parisienne.

Et moi chez Violette, je prends le plus malin, le poulpe, évidemment ! Et vous ?

Texte Sylvie Arkoun

Photos Delphine Jouandeau

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